30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
PlusJulius Winsome et John Nichols. Tous deux américains, tous deux solitaires.
Le premier, quinquagénaire, vit seul dans un chalet au coeur de la forêt du Maine. Le second, trentenaire, a planté son tipi au bord d'une rivière française, dans le Lot.
Deux hommes volontairement retirés du monde, dont l'univers va être violemment ébranlé par la perte d'un être cher.
Le chien Hobbes, unique compagnon de Julius Winsome, est abattu un après-midi par un chasseur anonyme. Alan Mustgrave, ami et protégé de John Nichols, meurt sur une scène parisienne pendant son numéro de « fakir »: suicide ou assassinat?
Ils sont a priori doux et cultivés. L'un vit en compagnie de plus de 3000 livres – Shakespeare, Dickens, Tchekov...- l'autre a été dans une première vie psychologue réputé, mais chacun d'eux a choisi de se retirer du monde pour vivre en communion avec une nature qu'ils vénèrent.
Fils et petit-fils d'anciens combattants qui lui ont transmis leur horreur de la violence, Julius ne chasse pas, contrairement aux hommes virils de la région.
Fils d'un vétéran du Vietnam suicidé, John s'est spécialisé dans l'étude de la psychologie des tortionnaires et a travaillé longtemps avec des hommes ayant subi des tortures de guerre.
Mais un homme et un chien sont morts, victimes de la barbarie humaine. Et les voilà tous deux lancés aux trousses des coupables, poussés par une inextinguible soif de justice, sur un chemin pareillement constellé de sang.
Qui sont les criminels? Pour les retrouver, Julius écume les forêts, à bord de son pick-up. Et devient chasseur à son tour. Chasseur d'hommes. Ivre de vengeance, armé du fusil de son grand-père, il traque inlassablement ses proies. Epaule, vise, et tire. Jusqu'à la prochaine cible.
De façon plus « métaphorique » John part lui aussi en chasse à travers Paris. Armé de son arc et de son besoin de comprendre. Sème la panique à l'ambassade américaine et au quai des orfèvres.
L'un comme l'autre trouveront en définitive une forme d'apaisement, malgré les questions qui demeureront en suspend, aussi bien dans Fakirs de Antonin Varenne que dans Julius Winsome de Gerard Donovan.
Deux énigmes en définitive non résolues mais le coeur de ces romans se situe ailleurs, dans l'étude émouvante de ces deux personnalités complexes, héros malgré eux de ces cruelles fables contemporaines.
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