30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
PlusA part la liste des courses, (soupir de la ménagère de plus de 50 ans ), j'adore les listes !Les 20 livres de l'année dans Lire, les futurs grands écrivains du siècle dans Granta, les pré-listes des jurys littéraires et même la très riquiqui liste des "trois-livres-à-emporter-sur-une-île-déserte".
Et je ne suis pas la seule adorer les listes.
Prenez Nick Hornby par exemple : ce joyeux turlupin des lettres anglaises truffe ses histoires de listes ringardes et drôles qui rendent ses romans irrésistibles.
C'est le cas dans Haute fidélité - chez 10-18 -(magnifique poche de vacances soit dit en passant), et c'est encore le cas dans le nouveau Hornby Vous descendez - chez PLON-.
D'entrée de jeu, un des héros, ils sont quatre, tous suicidaires, dresse sa liste "pour et contre" en cas, très improbable, de déménagement intempestif et professionnel en Australie.
"CONTRE : parents âgés; amis; club de golf.
POUR : salaire plus élevé; meilleure qualité de vie (maison avec piscine, barbecue, etc.) mer, soleil; pas de commissions gauchistes pour censurer "j'ai du bon tabac dans ma tabatière" ; pas de directives européennes pour
interdire les saucisses britanniques, etc.
Au moins c'est clair, si on aime pas l'humour potache on passe son tour. Notez ce serait dommage, on s'amuse beaucoup et pendant 305 pages avec cette bande de suicidés.
Cela dit ma liste de LIVRES-POUR-L'ETE, ne reprend pas
que Nick Hornby. Même si ce pince-sans-rire, version troisième millénaire, ne compte pas pour des prunes : essayer donc A propos d'un gamin (10-18), c'est un de mes cent romans préférés, mais bon, c'est une autre liste........
Dans cette liste d'été il y a d'abord et surtout Richard Bausch et sa Petite visite aux cannibales (Gallimard). L'histoire de deux solides gamines. Mary vit au 19ème siècle et Lily au XXème. L'une sait ce qu'elle
veut, l'autre pas mais ce sont deux femmes épatantes. Et on a bien de la chance de passer l'été avec elles, en Afrique, dans le sud des Etats-Unis, aux Canaries et dans la sombre Albion victorienne. Intime et intense.
Mais si vous pensez qu'un bel été ne peut être qu'italien lisez Margaret Mazzantini Ecoute-moi (10-18). C'est parait-il un best-seller mondial. C'est surtout un livre fort et brûlant, un livre triste et prenant sur la passion qui dévore tout. Un homme et trois femmes dans une Italie pas du tout dolce vita. Une Italie un peu minable sans palmiers et sans Méditerrannée. Bref, une Italie exotique.
Mark Costello, (pour moi parfaitement inconnu au bataillon), m'a emballé (et le mot est faible) avec Les maîtres du jeu chez Actes Sud. Un roman dense, profond qui nous dit plein de choses surprenantes sur l'Amérique
d'aujourd'hui. Les héros sont une bande d'agents du service secret qui protègent le vice-président des Etats-Unis pendant une campagne électorale.
C'est drôle, brillant. Le suspense tient la route. On rencontre dans ce roman des bébés qui fréquentent des garderies branchées, des programmateurs de jeu d'ordinateur, des agents immobiliers, un frère et une soeur qui ne se ressemblent pas. Etrangement, c'est une sorte de thriller qui rend le lecteur plus intelligent. Sensation particulièrement agréable quand le dit lecteur est affalé dans le sable chaud.
Ah, comme je vous envie de ne l'avoir pas encore lu.
Délicieux mois d'août.
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