30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
PlusA l'époque de la remise des grands prix littéraires, pourquoi ne pas faire un peu de hors-piste? Voici un roman qui sort des sentiers battus, en tant qu'objet déjà puisque les dernières pages du livre ne sont pas massicotées à dessein, et de par son contenu, extrêmement original.
Hugo Boris, l'auteur, a 27 ans: réalisateur de courts-métrages il se consacre également à l'écriture. Lauréat du prix Jeune Ecrivain en 2003, il signe ici un second roman (La délégation norvégienne) très réussi et fort surprenant puisque le lecteur est bel et bien acteur du déroulement de l'histoire et participe réellement au destin de son personnage principal.
René Derain est chasseur. Il a rendez-vous au fin-fond d'une région inconnue de Norvège dans un chalet avec cinq hommes et deux femmes de nationalités différentes pour un week-end sportif. Ils ne se connaissent pas, le propriétaire du chalet est invisible, les alentours ténébreux et isolés à souhait. La chasse peut débuter!
D'emblée, Hugo Boris plante un décor magnifiquement décrit: une forêt de contes de fées, vaguement hostile, aux maléfices subtiles et angoissants: les animaux ne s'y comportent pas tout à fait comme ailleurs et il est évidemment fort difficile d'en découvrir les issues...
Bientôt bloqués par une tempête de neige, confrontés au froid qui gagne dangeureusement le chalet, au manque de nourriture, à la maladie (à la folie?), nos sept chasseurs vont devoir affronter un huis-clos étouffant.
René Derain, qui a l'impression d'être le jouet d'une puissance occulte (le propriétaire? Ses compagnons de chasse?) s'interroge, se révolte, s'isole peu à peu du reste du groupe, s'acheminant vers une issue que l'on redoute tragique.
C'est là que se met en place la diabolique machination de l'auteur qui « force » le lecteur à entrer en scène et à prendre part au drame. Un vrai coup de maître!
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