Lire ou conduire, il faut choisir

Myriam Gooris

Quand l'or noir flambe à la pompe, un plein c'est deux nouveautés de la rentrée littéraire. Alors marchez jeunesse avec deux premiers romans épatants.

Georges Hagen signe La famille Lament (Belfond). Limpide, drôle, classique, parfait. L'histoire d'une famille qui cherche un coin où s'établir. Les Lament sont de perpétuels immigrants. Sans l'image de tristesse, de misère, d'accablement qui imprègne ce mot.
Ils partent plein de confiance affronter de nouveaux voisins au bout du monde. Des voisins pour qui ils sont éternellement "les étrangers". Des étrangers privilégiés, puisque papa est ingénieur et maman futée vite reconvertie en agent immobilier. Tout n'est pas rose pour autant, drames, pleurs, grincements de dents. Mais dans ce roman tonique, les rencontres foisonnent, inattendues, joyeuses, inquiétantes. Sur la fin, on freine sa lecture pour rester un peu plus longtemps chez les Lament. Mais Georges
Hagen n'a que 46 ans et donc sans doute encore plein de bons livres en réserve. On en salive déjà.

Autre surprise de la rentrée : Julie Guerlan, une belge qui inaugure en fanfare le renouveau du Grand Miroir. Première communion raconte allégrement les années 60 vues par une gamine remuante depuis la loge de concierge où vit sa grand-mère. Une histoire rondement menée qui nous entraîne dans un Bruxelles surprenant (pour le lecteur d'aujourd'hui) mais authentique, poétique et très très drôle. Encore une lecture tonique. Une lecture qui change notre regard sur la ville et ces fabuleuses années 60-70.

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