30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
PlusIl y a comme en beaucoup de domaines des périodes de lecture plus ou moins fastes.
J'ai eu du mal en cette fin d'année à trouver dans les parutions récentes l'ouvrage qui m'aurait fait délicieusement passer les dernières soirées de décembre et glisser nonchalamment de 2008 à 2009.
Je désespérais de trouver le livre qui me « remettrait le pied à l'étrier » lorsqu'une amie m'a offert, dans un joli petit coffret rouge, Une gourmandise, de Muriel Barbery, auteur du maintenant bien connu L'élégance du hérisson.
Une gourmandise, son premier roman, avait reçu en 2000 le prix du Meilleur Livre de Littérature gourmande, prix dont j'ignorais jusqu'alors l'existence, mais dont je conçois lecture faite de cet ouvrage la pertinence!
Même si ces périodes de fin d'année parfois propices aux excès auraient pu me faire hésiter à me lancer dans une « gourmandise » supplémentaire, la concision de ce petit recueil de quelques 160 pages a levé mes appréhensions.
Je n'ai pas regretté mon choix: si le personnage principal d'Une gourmandise est bel et bien un maître Es Agapes, « le plus grand critique culinaire du monde », il n'est pas question ici d'indigestions ni d'abus. Car voici un homme, à la veille de mourir, qui emploie ses dernières forces à traquer LE goût originel, LA saveur, unique entre toutes, qui aura été sa madeleine de Proust à lui.
Il cherche, inlassablement, et le gourmet prenant le pas sur l'agonisant, nous offre ses meilleurs souvenirs de bouche.
Aucune outrance, aucune exagération pourtant dans le choix des mets revisités: il a cotoyé les plus grands, fureté dans la cuisine des maîtres de son temps, mais ce sont les potagers de son enfance, les sardines grillées de son grand-père ou la tajine d'un boui-boui marocain qu'il exalte en ses dernières heures.
Et c'est avec délice qu'au sortir d'une matinée de plage et de soleil nous croquons de concert avec lui dans une simple miche de pain chaude, que nous gobons sur la côte normande « quatre huîtres claires, froides, salées, sans citron ni aromate. »; toast beurré ou modeste mayonnaise, tomate du jardin, chaque mot pour décrire le plus simple de la gastronomie est ici délectable.
Il trouvera, bien sûr, à la toute dernière page, après avoir pourchassé en chaque recoin de sa mémoire le souvenir de cette denrée unique, et enverra un neveu conciliant courir Paris pour lui rapporter un peu de ce mets singulier qui supplante pour lui tous les autres.
A la toute dernière page, j'avais presque le goût du sucre cristallisé au coin des lèvres...
Bonne lecture...
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