30 janvier 2012
David Grossman à Bruxelles !
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Prix Renaudot 2009
« C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres.
C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé.
C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère.
C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage.
C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance.
C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés.
Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français. » F.B.
(Présentation de l'éditeur)
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Commentaires
Ecrit par Martine Hazard
31/01/2011
Un roman autobiographique d'un homme public qui se raconte du fonds de son cachot où il est incarcéré pendant 36 heures pour prise de drogue sur la voie publique. Sa vie défile avec ses repères familiaux, cinématographiques, littéraires, etc (la génération des 45-60 ans se retrouve dans cette mémoire). Enfant respectueux de sa famille, admirateur de son frère aîné, il vit mal le divorce de ses parents. Il décrit son adolescence ballottée entre la vie opulente et le confinement dans des appartements trois-pièces, situation liée à la présence ou non des compagnons de sa mère. Mère qu'il décrit comme un être admirable, entièrement dédiée au bien-être de ses enfants, mais façonnée par une éducation aristocratique, pétrie de non-dits. Un roman comme un cri d'un homme nanti par sa naissance « aristocratico-bourgeoise » mais blessé par la vie, par ses divorces, par la vie politique française. Une phrase que j'ai notée : « Il est difficile de se remettre d'une enfance malheureuse, mais il est impossible de se remettre d'une enfance protégée ». A noter que Frédéric Beigbeder a reçu le prix Renaudot pour ce roman. A cette occasion, il remercie ironiquement le procureur de la République de l'avoir mis « au trou », ce qui lui a donné le fil conducteur de son roman.