Tropismes vous invite à rencontrer Éric Sadin à l'occasion de la publication des livres Le désert de nous-mêmes : le tournant intellectuel et créatif de l'intelligence artificielle et Penser à temps : faire face à l'emprise numérique (recueil de tribunes et d'entetiens réalisés entre 2013 et 2025) , tous deux parus à L'Échappée.
Dans Le désert de nous-mêmes, Éric Sadin fait une analyse minutieuse et critique des caractéristiques des IA génératives ainsi que de la rupture anthropologique à l’œuvre. Le lancement de ChatGPT, fin 2022, a inauguré le tournant intellectuel et créatif de l’intelligence artificielle. Désormais, il est demandé à des systèmes de prendre le relais de nos facultés les plus fondamentales – en premier lieu celle de produire du langage et des symboles. Comment ne pas saisir l’ampleur des conséquences sociales, culturelles et civilisationnelles induites ?
Celles-ci sont principalement de trois ordres. Premièrement, il est mis entre les mains de tous des technologies générant un pseudo-langage, car mathématisé, statistique et standardisé, appelé à devenir hégémonique. Deuxièmement, on ne connaîtra plus la nature ou l’origine d’une image. Émerge une ère de l’indistinction généralisée porteuse de nombreux périls alors que rancœur et défiance grandissent. Troisièmement, des dispositifs vont réaliser plus rapidement et de manière prétendument plus efficace que nous un nombre croissant de tâches à haute compétence cognitive. De ce fait, un ouragan va s’abattre sur les métiers de services et de la culture.
Nous vivons un moment d’une extrême gravité, voyant l’automatisation, à terme intégrale, du cours du monde ne cesser de s’étendre. Or, il ne s’agit nullement d’un projet de société démocratiquement décidé, mais du résultat des vues d’ingénieurs et de l’ambition sans limites de l’empire de la tech.
Tropismes vous invite à une rencontre exceptionnelle avec Emmanuel Carrère autour de son livre Kolkhoze paru aux éditions POL.
Au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, un jeune bourgeois bordelais rencontre une jeune fille pauvre, apatride, fille d’une aristocrate germano-russe ruinée et d’un Géorgien bipolaire, disparu et certainement fusillé à la Libération. Il devine, en l’épousant, qu’il s’engage dans tout autre chose que l’union paisible avec la jeune bourgeoise bordelaise à laquelle il était promis. Mais il n’imagine pas à quel point, ni quel destin romanesque et quelle somme d’épreuves l’attendent au cours des soixante-et-onze ans de son mariage avec Hélène Zourabichvili, qui deviendra sous son nom à lui, Carrère d’Encausse, spécialiste internationalement reconnue de la Russie (mais aussi de l’épizootie du mouton en Ouzbékistan), familière du Kremlin et de ses maîtres successifs, secrétaire perpétuelle de l’Académie française, ni qu’avant de mourir lui-même - « 147 jours après elle et, à mon avis, de chagrin », écrit Emmanuel Carrère - il assistera, dans la cour des Invalides, à ses funérailles nationales.
Kolkhoze est le roman vrai d’une famille sur quatre générations, qui couvre plus d’un siècle d’histoire, russe et française, jusqu’à la guerre en Ukraine. Emmanuel Carrère s’en empare personnellement, avec un art consommé de la narration qui parvient à faire de leur histoire notre histoire. Tout en plongeant dans les archives de son père, passionné par la généalogie familiale. On traverse la révolution bolchévique, l’exil en Europe des Russes blancs, deux guerres mondiales, l’effondrement du bloc soviétique, la Russie impériale de Poutine et ses guerres, tout en pénétrant dans une saga familiale à la fois follement romanesque, tragique, aux destins prestigieux ou plus modestes, parfois sombres et tourmentés. Ce grand récit familial et historique, qui mêle souvenirs poignants, rebondissements, secrets de famille, anecdotes inattendues et géopolitique, est aussi un texte intime sur la vie et la mort des siens, et sur l’amour filial. Jusqu’à cet aveu : « Vient un moment, toujours, où on ne sait plus qui on a devant soi – et je ne le sais pas moi-même. Ou plutôt si, je le sais, je le sais très bien : je suis le visage de ma mère qui se détourne sans appel, je suis la détresse sans fond de mon père. »
Tropismes vous invite à une séance de dédiaces avec Ian de Haes et Charlotte Bellière, duo bien connu en littérature jeunesse.
Ensemble, Charlotte et Ian déploient un univers où la simplicité du quotidien devient matière à enchantement et réflexion. Charlotte, enseignante, aime raconter « l’aventure extraordinaire de personnes ordinaires ». Ian, quant à lui, graphiste et ancien libraire jeunesse, excelle à donner vie aux mots par des illustrations tantôt poétiques, tantôt humoristiques.
Vous aurez l'occasion de découvrir l'intégrale de leur série bien connue Saint-Nicolas, c'est qui celui-là? et le nouvel album solo de Ian Comme un pirate, tous deux parus chez Alice éditions.
Tropismes et Passa Porta vous invite à une rencontre autour de la traduction dans le cadre du festival Flirt flamand. Chaque année, le Flirt Flamand part à la découverte de ce qui s’écrit (de mieux) au nord du pays.
Qui lit-on vraiment quand on lit un·e auteur·ice traduit·e du néerlandais ? Comment passer d’une langue germanique à une langue romane ? A quoi ressemble une frontière linguistique en littérature ? Qu’est-ce qui demeure intraduisible ? Comment est reçue la littérature flamande en francophonie ?
Tropismes vous invite à rencontrer Jakuta Alikavazovic à l'occasion de la parution de Au grand jamais aux éditions Gallimard.
« On grandit autant dans un pays, dans un foyer, que dans certaines histoires. Mais ces histoires ne sont pas toutes égales. Il y en a une qui prend le dessus. Ce peut être la plus douloureuse. Ce peut être la plus séduisante. Une chose est sûre : ce n’est pas toujours la plus vraie. »
La mère de la narratrice a disparu. Cette femme, une poétesse acclamée dans son pays, avait déjà connu l’effacement après son installation en France : peu à peu, l’écriture l’avait quittée. La disparition s’impose dès lors à sa fille, devenue mère à son tour, comme une clé pour résoudre l’« énigme qu’est une personne ». Suivant son instinct — serait-ce plutôt un don ? —, elle collecte les symptômes d’une histoire refoulée, jusqu’à en exhumer le cœur battant.
Tout en échos et replis secrets, Au grand jamais est un grand livre sur les non-dits familiaux, sur ce qui se transmet derrière les silences et sur les histoires qui nous aident à vivre.
Tropismes vous invite à rencontrer Delphine Griveaud à l'occasion de la parution de Réparer la justice aux éditions La Découverte.
Le constat est sans cesse répété : la justice va mal et ne répond plus à ses missions. Comment la réparer ? Peut-être d'abord en cessant de considérer l'institution judiciaire comme la seule détentrice des moyens de " faire justice ".
C'est à en envisager d'autres que s'emploient les justices dites " alternatives ", parmi lesquelles la justice restaurative, qui regroupe diverses pratiques – des rencontres entre " victimes " et " auteurs " aux cercles de soutien, en passant par les jeux de rôles pour cultiver l'empathie –, afin de responsabiliser les auteurs et prévenir la récidive, prendre soin des victimes et rétablir la paix sociale. Serait-ce la clé d'une justice plus juste ?
Delphine Griveaud tente de répondre à cette question en étudiant sur le terrain les pratiques de la justice restaurative qui se sont développées dans le pays depuis 2014. Elle analyse les effets de son intégration au sein d'une institution pénale contre laquelle elle s'est pourtant construite. Elle plonge dans les rouages du système judiciaire, au plus près de ses publics comme de ses professionnel.les. Loin des visions iréniques qui font de la justice restaurative une solution miracle, elle propose un tableau lucide, nuancé, d'une manière de faire justice autrement qui se heurte à la réalité de l'institution.
Tropismes vous invite à rencontrer Jean-Philippe Toussaint à l'occasion de la parution de L'instant visible à l'Atelier EXB et de la projection de son film La Patinoire au Cinéma Galeries.
En 2017, l’écrivain Jean-Philippe Toussaint rencontre l’éditeur Xavier Barral. Toussaint lui fait part de son désir de réaliser un livre de photos, l’idée étant de concevoir un livre introuvable – comme il le dit lui-même – composé avec ses images. Rassemblées dans une valise, les images parviennent sur le bureau de Xavier Barral. Puis Xavier décède, la maison d’édition continue son chemin et la valise avec elle. La valise est là, il faut à présent l’ouvrir et commencer à esquisser une histoire visuelle et intuitive.
Rangés dans des enveloppes en papier kraft et dans des cartons à dessins, plus ou moins classés par thème – Venise, Tokyo, Chine, New York… –, tirages couleur et noir et blanc, planches contact et bandes de négatifs nous plongent dans l’imaginaire de l’écrivain.
Considéré comme un écrivain très visuel – « dès mes premiers romans, j’ai toujours imaginé visuellement les scènes » – Toussaint a conçu ici un ouvrage où mots et images se font l’écho les uns des autres et tissent ensemble une oeuvre qui parle du regard.
Tropismes vou invite à rencontrer Guy-Marc Hinant à l'occasion de la parution du livre Ronces aux éditions Angle Mort.
Guy Marc Hinant est cinéaste, auteur, fondateur de la maison de production Sub Rosa.
Vases, le recueil précédent, issu d’un corpus plus vaste et ancien, se perdait dans les temps immémoriaux, presque de l’enfance, premiers films, amours contrariés, colère sans cible. Le temps est passé et l’ensemble de ces textes, écrits de mai 2023 à juin 2024, a été extrait de ses carnets d’observation.
Tropismes vous invite à rencontrer Jean-Luc Outers à l'occasion de la parution de le commencement, l'éternité aux éditions Les Impressions Nouvelles.
L’enfance du narrateur semble si loin déjà et pourtant elle n’a jamais été aussi proche, comme si à grandes enjambées il y revenait, parcourant le temps jusqu’au commencement. Il se remémore la maison où il a vécu avec ses frères, sœurs, cousins, cousines, dix enfants nés dans une symétrie parfaite de deux sœurs jumelles inséparables. Il y évoque tout ce qui tisse ces années : sa naissance, ses grands-parents, l’école avec Eddy Merckx et le frère Denis, la neige, la mer du Nord, les peurs, les larmes, la radio, la télévision, la folie, ainsi que la figure tutélaire de son père, homme public, qu’un AVC prive de la langue et contraint à renouer avec le monde de l’origine.
Les réflexions et les questions jalonnent cette évocation : l’enfance, loin de disparaître, subsiste-t-elle comme une part de nous demeurée intacte ? Et vieillir n’est-ce pas redevenir l’enfant dont on tente de retrouver la trace ?
Le lecteur ne peut que se reconnaître au fil de ces pages où l’imaginaire se fond dans les prémices de la vie.
Tropismes vous invite à rencontrer Antoine Mouton à l'occasion de la parution de Nom d'un animal aux éditions La Contre Allée.
Pour interroger le mot travail sous toutes ses coutures, Antoine Mouton ne manque pas d’humour. Dans ce texte à la fois critique et poétique, nourri de multiples rencontres à propos de cette activité souvent honnie, il questionne l’absurdité de certaines situations et réactive nos imaginaires.
Journal, récit introspectif, enquête, documentaire…, avec Nom d’un animal Antoine Mouton se joue des formes et mêle subtilement le singulier au collectif. Il poursuit dans cet ouvrage une réflexion déjà à l’œuvre dans Chômage monstre.
11, Galerie des Princes
Galerie Royale Saint-Hubert
B-1000 Bruxelles
T. +32 (0)2 512 88 52
Ouvert tous les jours
Lundi : 10.00 - 18.30
Mardi : 10.00 - 18.30
Mercredi : 10.00 - 18.30
Jeudi : 10.00 - 18.30
Vendredi : 10.00 - 18.30
Samedi 10.30 - 19.00
Dimanche : 13.30 - 18.30