Lire, lire encore. Retrouver le goût de ce qui s'élabore sur le temps long, favoriser le plaisir d'être ensemble, de partager, de discuter, de débattre, de construire sa pensée en dialogue : voilà un programme qui emporte la conviction générale. Comment mettre cela en oeuvre à une époque où le temps de lecture est de plus en plus cannibalisé et où les programmes d'intelligence artificielle semblent se substituer à cette mise en partage ?
L'ambition de cet ouvrage est de fournir des clés pour initier et soutenir des temps collectifs autour du livre. Connaissez-vous l'arpentage, pratique qui consiste à découper un livre pour le lire à plusieurs ? L'échange de bibliothèques ? Les clubs de lecture ? Thibault Le Page, s'inspirant notamment de démarches issues de l'art et du design, propose dix-sept exercices conçus pour découvrir le goût de lire ensemble, comme on s'attable ensemble.
Incarnation de la femme libre, désirante, émancipée, Emmanuelle fut une figure majeure de l'érotisme des années 1970. Mais si l'on se souvient volontiers du film où elle apparaît, on oublie souvent qu'elle est née dans un roman : un texte empreint de philosophie, virtuose, révolutionnaire, chef-d'oeuvre incontournable de la littérature érotique.
L'auteure de ce texte, présenté comme autobiographique, s'appelait Emmanuelle Arsan. Elle a marqué son époque, et pourtant, elle n'a jamais existé.
Cette biographie retrace son histoire, et présente les destins incomparables de tous ceux qui ont donné naissance au mythe Emmanuelle. (présentation de l'éditeur)
Un essai dans lequel l'auteur examine les conditions logiques et politiques dans lesquelles la théorie littéraire s'est récemment écrite. Il rend compte des tentatives pour affronter des questions aussi décisives que l'autonomie de la littérature face à l'utilitarisme néolibéral et à la marchandisation de l'édition, ses nouveaux modes d'existence hors du livre ou l'aliénation de la langue.
On peut faire le tour du monde en restant à l'extérieur de lui, c'est-à-dire en restant à l'intérieur de soi. C'est tout le contraire que propose Jean-Pierre Outers dans son nouvel ouvrage sur la Chine.
Qu'on ne s'y méprenne pas, l'auteur ne nous invite pas à un voyage de plus dans l'Empire du Milieu mais à un périple d'un nouveau genre, au coeur de la langue chinoise. Spécialiste de la Chine, conjuguant érudition et légèreté, il s'aventure dans cette langue et son altérité radicale : une approche accessible de toute la richesse de la pensée en chinois qui secoue bon nombre de conceptions et clichés.
Écrivaine, traductrice et journaliste martiniquaise, Paulette Nardal oeuvre à faire de Paris une capitale intellectuelle des mondes noirs dans l'entre-deux-guerre. Avec ses soeurs Jane et Andrée, elle fait de leur « salon » de Clamart un lieu de rencontre culturel et artistique international où se discute et se débat la condition noire. Ce milieu bouillonnant d'idées, d'images et de mots, elle l'accueille aussi dans La Revue du monde noir, une publication bilingue qu'elle fonde en 1931. Si Paulette Nardal est une fédératrice, elle n'en est pas moins une autrice : Écrire le monde noir rassemble pour la toute première fois les articles, récits et nouvelles de sa période parisienne. (présentation de l'éditeur)
A partir de son expérience d'auteur et de traducteur, Claro tente d'expliquer ce qu'est l'échec. Entre récit de soi et essai littéraire, en passant par la fiction, il liste ses propres échecs personnels et invite à repenser ses limites et ses fêlures afin de prendre en considération leurs bienfaits.
Un portrait d'Emile Zola à travers son domaine de Médan. Il construit et meuble cette maison acquise grâce au succès de L'assommoir en 1877. Il y écrit chaque jour, mais s'intéresse aussi à la botanique, au cyclisme ou à la photographie. Il y reçoit ses amis, Cézanne et Maupassant entre autres. A la publication de J'accuse !, la maison devient sa forteresse. Il l'habitera jusqu'à sa mort.
Recueil de cinq conférences prononcées entre 1838 et 1844, portant sur l'éducation, la place de l'intellectuel, l'exercice de la pensée dans une société capitaliste ou l'opposition entre le réformateur et le conservateur. Précédé d'un portrait du philosophe que H. James écrivit comme compte rendu critique d'une biographie qui lui était consacrée.
« Les livres indispensables nous accablent avec plus de force encore que la mort de l'aimé. Ce qu'ils ont en commun, ce qui rattache les rares exemples profanes au canonique, c'est bel et bien leur statut de textes sacrés, de convocation et d'assignation à l'humanité. Ils nous appellent et nous mobilisent. Le premier coup sur le crâne nous oblige à garder les yeux ouverts. »
L'Iliade et l'Odyssée, la Bible, Péguy, Kafka, Husserl, Kierkegaard... George Steiner nous donne à lire ici quelques-uns de ces textes indispensables où notre culture contemporaine croise la tradition. C'est notre patrimoine qu'il nous transmet par ces lectures. Peut-être pour faire de nous de véritables héritiers.
On a pu dire qu'en demandant à un homme - ou à une femme - s'il préfère Tolstoï ou Dostoïevski, on peut « connaître le secret de son cœur ». Avec son érudition et sa verve coutumière, George Steiner explore ici les différences qui opposent le monde d'Anna Karénine et celui des Frères Karamazov. Ce sont deux interprétations du destin de l'homme, de l'avenir de l'Histoire et du mystère de Dieu que nous pouvons ainsi mieux comprendre. Car grâce au constant jaillissement des idées de l'auteur de Langage et Silence, le lecteur se trouve comme forcé d'entrer dans un dialogue passionné avec des thèmes aussi éternels que fondamentaux.