Depuis la mort de sa sœur, Coro se réfugie dans la peinture, puis dans des trajets solitaires pour fuir sa souffrance. Une panne d'essence la conduit jusqu'à une demeure isolée au bord d'un lac, où des inconnues l'accueillent. Dès qu'elle en franchit le seuil, elle devine qu'elle entre dans un lieu étrange.
Ning a eu plusieurs vies, mais pour la clientèle de son salon de manucure, elle n'est qu'une employée comme les autres, toutes prénommées Susan. Les Susan polissent et vernissent les ongles, conseillent les habituées sur la couleur qui ornera leurs mains, et recueillent les confessions des clients, qu'elles commentent avec malice dans leur langue commune. Les univers des clients et des Susan ne se mélangent jamais, mais en l'espace d'une seule journée, tandis que Ning se dévoile peu à peu, le monde bien réglé du salon vacille.
Violemment chassée de l'appartement qu'elle occupait à Barcelone, une femme sans nom est contrainte de faire des ménages pour tenter d'échapper à la rue. Happée dans une spirale infernale, éprouvant les lois du capitalisme le plus cru, elle trouve refuge dans une modeste maison isolée, où, vivant en colocation, elle finit par faire le vide autour d'elle pour jouir seule de la présence de Maria, une propriétaire puissante et fascinante, venue mystérieusement jusqu'à elle. Le roman bascule alors dans un conte macabre, mêlant folie et dévotion, entraînant le lecteur au bord du gouffre.
« Béton, baston et fiente dans ta frange, c'était ça Muircross. » Ce n'est pas simple d'être une adolescente en banlieue de Glasgow : Cora Mowat a 14 ans au milieu des années 1990 et ses amies ne la comprennent pas, mais qui peut comprendre quoi que ce soit dans cette petite ville balnéaire où les fous, les chômeurs et les mouettes font la loi ? Et l'emménagement du nouveau petit ami de sa mère, Gunner, un type apparemment bien intentionné, mais chauve et borgne et secret, n'arrange pas les choses. La seule solution : partir ? Mais où et comment ?
« Il ne restait aucune trace du jeune homme que j'avais rencontré à peine une semaine plus tôt, vibrant d'incertitude, on aurait dit quelqu'un de totalement différent. Pareil à un acteur qui passe à autre chose après une audition désastreuse, délaissant un rôle qui ne lui était pas destiné. »
Dans Lonely City, Olivia Laing explore la solitude comme une expérience intime et poétique, en arpentant New York et l'oeuvre d'artistes qui ont fait de l'isolement une force créatrice. D'Edward Hopper à Andy Warhol, de la vie urbaine aux réseaux invisibles du désir et de la marginalité, Laing tisse un récit lumineux et profondément personnel.
Gia, doctorante en cinéma, tente de surmonter une séparation douloureuse liée à ses propres infidélités. Dans son isolement, elle écrit à Marta Becket, célèbre artiste ayant créé un théâtre isolé dans le désert californien. Contre toute attente, la ballerine, décédée depuis longtemps, apparaît pour soutenir la jeune femme.
Dans un hommage romanesque à Innocenzo, son mari décédé, l'autrice retrace les quatre premières années de leur amour, faites d'attirance et de complicité intellectuelle, et les quatre derniers mois de la vie à ses côtés. Elle capture l'essence de leur lien, révélant la profondeur d’un amour et de sa disparition.
Neuf nouvelles dans lesquelles l'auteure explore les chemins accidentés de l'existence, notamment celle des femmes, des années 1950 au XXIe siècle et de la Nouvelle-Angleterre à la Floride.
Qui mieux que Deborah Levy pour nous conduire sur les traces de Gertrude Stein dans le Paris effervescent du début du XXe siècle ? Sa narratrice, elle-même écrivaine, mène l'enquête, de nos jours, pour tenter de comprendre qui était cette poétesse et collectionneuse d'art américaine d'avant-garde, icône queer, amie de Picasso et de Hemingway, génie autoproclamée. Le modernisme est au coeur de cette recherche intime et intellectuelle, comme il est au coeur du couple que formaient Gertrude et Alice B. Toklas.
Au fil du récit, et tandis que Gertrude semble inexorablement lui échapper, il est très tôt question des flâneries de la narratrice, de ses amies - Eva, artiste mariée à distance, et Fanny, financière à l'esprit libre -, de cuisine bien sûr, du monde comme il ne va pas, d'amour et d'un chat disparu. Sous les toits ou dans les allées du Père-Lachaise, elle songe à ce que nous devons perdre pour devenir modernes, à une façon de vivre avec le doute, aux pères colériques, à l'art et au langage, à la condition féminine - comment tout ceci apparaissait à Gertrude Stein au début du XXe siècle, et comment cela nous apparaît aujourd'hui.