Les vies des meilleures peintres sculpteurs et architectes (2 vol.)

Les vies des meilleures peintres sculpteurs et architectes (2 vol.)
Vasari Giorgio
Ed. Actes Sud/Thesaurus
Date de publication : 01/09/2005

Première histoire de l'art à nouveau disponible

A nouveau disponible, ce chef-d'oeuvre de Giorgio Vasari constitue la première histoire de l'art sans laquelle il aurait été impossible de retracer l'évolution de la création en Italie depuis la fin du Moyen Age (Cimabue) jusqu'aux plus parfaits accomplissements de la Renaissance, trois siècles plus tard.
Le Toscan Giorgio Vasari (1511-1574) était un peintre très connu, l'un des tenants de la maniera moderna que les critiques des siècles suivants qualifièrent de ?maniérisme?. Il était aussi un architecte novateur qui conçut et réalisa à Florence les Offices et le remodelage du Palazzo Vecchio. Bon écrivain, il était enfin le familier des grands, les Médicis et les papes. Pourtant, c'est un autre aspect de son activité qui devait lui assurer une notoriété durable.
En effet, en s'inspirant des éléments d'une histoire des peintres de l'Antiquité contenue dans le tome 35 de l'Histoire naturelle de Pline l'Ancien, il conçut le premier livre d'histoire critique de l'art, présentant la vie et l'oeuvre de tous les artistes pratiquant le dessin (peintres, sculpteurs et architectes), discipline qu'avec ses contemporains florentins il considérait comme fondamentale.
Ayant accumulé des matériaux dès 1545, il publia de son vivant deux versions de l'ouvrage : la première, en 1560, comportant 150 notices, et la seconde, en 1568, augmentée de 48 nouvelles notices. Il y étudia une multitude d'artistes italiens depuis Cimabue jusqu'à ses contemporains qu'étaient Michel-Ange, Titien, Le Primatice. Si les places d'honneur reviennent à des maîtres comme Giotto, Piero della Francesca, Brunelleschi, Léonard de Vinci, Ghirlandaio, Botticelli, etc., il n'oublia ni les artistes qui permirent aux écoles et aux ateliers italiens de s'épanouir, ni certains grands maîtres étrangers comme Van Eyck. Il se risqua même à sa propre autobiographie artistique, qui conclut le livre. Sa familiarité avec le milieu artistique et sa connaissance intime des problèmes que pose la création lui permirent une compréhension profonde du travail des autres et l'aidèrent à replacer chaque cas dans une perspective historique d'une grande ampleur. La précision de ses analyses, la clarté de sa terminologie et le charme de son style font de cet ouvrage un instrument de travail agréable et irremplacé, où se conjuguent avec bonheur l'analyse des techniques, l'analyse artistique, l'étude sociale, la psychologie des créateurs, la discussion critique et le recensement des oeuvres (l'intérêt de l'ouvrage vient notamment de ce qu'y sont décrites des oeuvres hélas souvent disparues).
Aujourd'hui, Actes Sud publie en deux volumes l'intégralité de ce grand classique devenu introuvable, dans la belle traduction parue dans les années 1980, en 11 volumes, aux éditions Berger-Levrault (un douzième, d'intérêt moins immédiat, rassemblait des dessins collectionnés par Vasari). Entreprise sous la direction d'André Chastel, qui avait assuré le commentaire scientifique, cette traduction était l'aboutissement d'un travail de quinze années mené au séminaire de l'Ecole pratique des hautes études (IVe section) et au Collège de France.