Ma mère, musicienne, est morte de maladie maligne à minuit, mardi à mercredi, au milieu du mois de mai mille977 au mouroir Memorial à Manhattan
La littérature française contemporaine compte un écrivain, d'origine américaine, dont le premier texte fut découvert et défendu avec ardeur par Raymond Queneau et J.R. Pontalis, publié aux éditions Gallimard avec une préface de Gilles Deleuze, acclamé par des sensibilités aussi différentes que celles de Paul Auster, J. M. G. Le Clézio ou encore Michel Foucault, qui invoquèrent tour à tour D.A.F. de Sade, Lautréamont et Raymond Roussel. Bref, en 1970, faisait
sensation avec la parution de son livre Le Schico et les langues. Depuis, sa trace s'était un peu perdue. Le voici de retour.
Midi dix. C'est la cohue au café. La terrasse est prise d'assaut. Un bon barman se reconnaît au sang-froid et à la dextérité dont il fait preuve dans ces moments-là. S'il n'est pas un peu prestidigitateur, il se trouve vite débordé. Surtout, il perd cette aura de sérénité qui distingue les maîtres des tâcherons. Il s'agit d'aller plus vite que la musique, mais en y mettant les formes. Le sourire est facultatif. N'importe quel crétin est capable de sourire en faisant les choses en dépit du bon sens.
Belfort, place Corbis, au café Le Central, par une lumineuse journée des années 1960. Certains viennent pour être vus, d'autres pour boire en cachette. Ici le verbe haut, là le regard bas ; en terrasse on fête un événement, dans un recoin près du bar on tâche désespérément d'en oublier un autre. Mais se rencontre-t-on vraiment ? Ou n'y a-t-il qu'un écrivain pour donner à la foule son incroyable densité, rappeler que derrière chaque visage se cache une vie entière ? Il est là quelque part qui observe, réinvente la comédie humaine en miniature, et s'attache à ce que vous ne voyiez plus jamais les cafés de la même manière...
1880, Ouchouaya, Patagonie. Orpheline, Emily l'Ecossaise a seize ans. En cette période d'évangélisation du Nouveau Monde, elle est envoyée en Patagonie en tant que «gouvernante» des enfants du révérend. Elle qui ne sait rien de la vie découvre la beauté sauvage de la nature, les saisons de froid intense et de soleil lumineux, toute l'âpre splendeur des peuples de l'eau et de la forêt. La si jolie jeune fille, encore innocente, découvre aussi l'amour, avec Aneki, un autochtone yamana. Alors, sa vie bascule. Réprouvée, en marge des codes et des lois de la civilisation blanche, Emily fugue, rejoint Aneki et croit vivre une passion de femme libre. Jusqu'au drame.
De la colonisation des terres patagonnes à la mort des croyances ancestrales, des affrontements sanglants entre tribus au charme du dépaysement, le roman d'Isabelle Autissier puise à la fois aux sources du réel et de la fiction : qui connaît mieux que la navigatrice les mers du Grand Sud et leurs histoires ? Mais il fallait le talent de la romancière pour incarner ces amants de Patagonie.
Voir sans être vue. Absence de soi aux autres.
La burqa.
Ce voile épais couvrant le corps de mille et une femmes est-il rempart ou prison ?
En une langue lumineuse, à fleur d'âme, Lamia Berrada-Berca sonde les pensées intimes d'une épouse cloîtrée en quête d'elle-même.
Dans Kant et la petite robe rouge, le désir féminin affronte la culture d'origine. Inattendus, un vêtement rouge sensuel et un texte fondateur insufflent la liberté à l'héroïne...
Qu'importe le sens dans lequel va l'histoire, je cherche d'abord s'il y a un sens au déroulement des choses.
Car pendant ce temps, Grand Chef Chacal continue d'être fêté à l'étranger comme le grand réformateur du pays qui ne fait pas de bruit.
Aucune vague de contestation. Rien. Il est accueilli comme le discoureur de la paix. L'or noir vaut bien le sacrifice de l'or rouge.
On liquide le peuple et le grand solitaire devient celui qui du haut de sa très grande et très souveraine solitude règne sur un pays fantôme.
(extrait)
Après Kant et la petite robe rouge à la conquête de la liberté individuelle, Lamia Berrada-Berca explore le chant sombre et cruel des dictatures en une petite musique bouleversante de l'intime, au coeur d'Une même nuit nous attend tous.
L'explosion d'un passé bouleversant, contenu dans le coeur d'un vieil homme, va ébranler le présent à tout jamais ! Eté 2003, une terrible canicule assèche la France. Louis et son fils s'apprêtent à prendre la mer au large de La Charente afin de trouver un peu de fraîcheur. Soudain, un coup de téléphone les oblige à faire demi-tour. C'est Pierre, le père de Louis. Cet octogénaire solitaire et taciturne éprouve soudain un besoin capital de dévoiler enfin son passé à son fils... Pierre et Louis vont alors remonter le temps jusqu'aux années sombres de l'occupation à Paris, ce qui aura des conséquences totalement inattendues et bouleversantes...
Madame Ming aime parler de ses dix enfants vivant dans divers lieux de l'immense Chine. Fabule-t-elle, au pays de l'enfant unique ? A-t-elle contourné la loi ? Aurait-elle sombré dans une folie douce ? Et si cette progéniture n'était pas imaginaire ?
L'incroyable secret de madame Ming rejoint celui de la Chine d'hier et d'aujourd'hui, éclairé par la sagesse immémoriale de Confucius.
Dans la veine d'Oscar et la dame rose, de Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran ou de L'Enfant de Noé, Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus est le sixième récit du Cycle de l'invisible.
« C'est pour toi que j'écris notre histoire. Mon seul espoir, mon seul but est que tu acceptes celui que j'étais avant de sonner à ta porte. Car tout ce qui mérite d'être aimé en moi, c 'est l'évolution que je te dois : la somme de défis, d'illusions et de mensonges qui m'a permis de trouver, dans tes yeux, ma véritable identité. »
Avec son art du suspense et son humour féroce, Didier van Cauwelaert nous entraîne dans le destin fascinant d'un tueur repenti qui, par amour, reprend le combat de l'homme dont il avait usurpé l'existence.
Bien au-delà du thriller, l'auteur d'Un aller simple et de Hors de moi explore les territoires hallucinants de l'identité, les ressources cachées de l'inconscient, le pouvoir de la passion face au cynisme aveugle des multinationales qui gouvernent le monde.
Dans le monde merveilleux de François Morel, Raymond Devos est Dieu et Geneviève de Fontenay, un phénix renaissant de ses cendres à chaque nouvelle Miss France. Il accuse Gad Elmaleh d'affoler le correcteur automatique de l'ordinateur, Philippe Geluck d'être incapable de nous faire pleurer, et sèche sur Souchon. Des portraits désopilants, inattendus et décalés... avec les compliments de François !
« Le comique, ce n'est pas pour les jeunes premiers. Sinon, qu'est-ce qui va rester à ceux qui ont un physique plus ingrat. »
« Une folie douce cligne de Raymond Devos, autre grand poète de l'absurdité quotidienne. » Le Monde
Willis, chat espiègle et moqueur, est devenu l'un des visages de la révolution tunisienne. Il est né sur Facebook, le 13 janvier 2011, en réaction au fameux discours de Ben Ali proclamant la liberté d'expression. Depuis, chaque jour, un dessin est posté en ligne, où Willis le Chat croque, et pas toujours à pattes de velours, les faits et gestes de la révolution en cours. Le félin est parfois secondé dans sa tâche par Mamie Bouna, octogénaire lubrique. De la démission de Michèle Alliot-Marie au crépuscule de Kadhafi dans la Libye voisine, en passant par l'ascension du parti Ennahda, rien ne leur échappe.
Drôles, subtiles et parfois grinçantes, mêlant satire et humour noir, ces Chroniques de la révolution montrent au jour le jour comment se trace, dans l'urgence des événements, une forme humble de résistance à l'oppression, où engagement politique et distanciation critique, ardeur et rire, loin de s'exclure, s'alimentent réciproquement. Au-delà du témoignage, ce feuilleton en images est un document pour l'histoire, un journal dessiné qui donne à voir, par la bande, comment chemine une révolution.