Le don d'Asher Lev

Le don d'Asher Lev
Potok Chaïm
Ed. 10/18

On lui avait prédit qu'il y perdrait son âme. Asher Lev a écouté son coeur et il a fait son choix : celui de vivre sa passion, la peinture, quitte à abandonner la communauté juive hassidique de Brooklyn et les remontrances outrées de ses proches pour s'exiler en France. Mais vingt ans plus tard, de retour à New York pour l'enterrement de son oncle, il comprend soudain que le combat n'est pas terminé. Non seulement les rancoeurs ne sont pas éteintes, mais certains ont des projets pour lui. Asher Lev ne s'appartient pas, estiment les siens, car dans ses veines coule le sang de tous, trop précieux pour être abandonné à un destin profane. Entre les aspirations du peintre et celles de la communauté, c'est un nouveau bras de fer qui s'engage.

Un long chemin

Un long chemin
Wassmo Herbjorg
Ed. 10/18

Norvège, hiver 1944-1945. Traqué par l'occupant nazi pour faits de résistance, un homme tente de fuir à travers les montagnes avec sa femme et son fils de cinq ans. Plusieurs jours de marche forcée par des températures rudes avant d'atteindre la Suède dans un silence terrifiant et un immense prix à payer : celui des corps usés, submergés par la fatigue et les douleurs. Destin tragique d'une famille ordinaire, Un long chemin raconte le lent retour à l'existence de ces héros discrets, oubliés par l'histoire, qu'une nuit d'enfer glacé aura marqué à tout jamais.

La fille sans qualités

La fille sans qualités
Zeh Juli
Ed. Babel/Actes Sud

Une famille ordinaire du Missouri puritain des années 1970. Une mère possessive, un père désabusé. Deux fils : un hippie révolté et Jonathan Franzen himself, adolescent mal dans sa peau, équipé de 'biceps en fromage blanc', exclu du club très fermé des gars cool du lycée, craignant les filles, mais vouant une passion délirante à Thomas Mann, à Charlie Brown et à Snoopy...

La pierre du rire

La pierre du rire
Barakat Hoda
Ed. Babel/Actes Sud

Dans une ville en proie à la guerre civile, un jeune homme, Khalil, veut faire le pan de l'innocence et récuse la nécessité, pour survivre, de prendre parti. Réfugié dans sa petite chambre, il donne libre cours à une étrange frénésie ménagère et médite sur la décomposition du monde alentour. Inexorable, le « dehors » débusque cependant Khalil de sa retraite...

En évoquant, à travers l'initiation de son héros, l'étrange logique que ces guerres aux invisibles champs d'honneur installent au coeur de toute existence, Hoda Barakat met en scène les mécanismes de la folie très particulière qui s'organise quand « tuer » et « vivre » deviennent synonymes. Bien loin de toute une littérature nostalgique du Beyrouth d'antan, La Pierre du rire mène une enquête exigeante sur l'alchimie qui, au coeur du plus grand trouble, permet quelquefois au réel de reprendre corps.

La mélopée de l'ail paradisiaque

La mélopée de l'ail paradisiaque
Mo Yan
Ed. Points

Gao Ma est un jeune paysan déterminé. Il veut épouser Jinju coûte que coûte. Ni le mariage arrangé qui promet Jinju à un autre, ni la police corrompue, ni les traditions féodales qui pèsent encore sur les habitants de la province du Shandong ne pourront l'arrêter. Encore moins les coups qui s'abattent sans relâche sur sa tête. Bravant tous les interdits, Gao Ma décide d'enlever sa belle.

Mason & Dixon

Mason & Dixon
Pynchon Thomas
Ed. Points

«Jour après jour, les Pionniers et les Géomètres progressent, davantage de points sont reliés, et deviennent bientôt visibles, tandis qu'on découvre dans le Ciel de nouvelles Étoiles, qu'on nomme et inscrit dans les Almanachs...» : en 1763, deux astronomes anglais, le mélancolique Mason et le séducteur Dixon, se lancent dans une incroyable odyssée au coeur de l'Amérique du Nord.

Semper Augustus

Semper Augustus
Bleys Olivier
Ed. Folio

Une famille ordinaire du Missouri puritain des années 1970. Une mère possessive, un père désabusé. Deux fils : un hippie révolté et Jonathan Franzen himself, adolescent mal dans sa peau, équipé de 'biceps en fromage blanc', exclu du club très fermé des gars cool du lycée, craignant les filles, mais vouant une passion délirante à Thomas Mann, à Charlie Brown et à Snoopy...

Le cure-dent

Le cure-dent
Lacroix Jean-Yves
Ed. Allia

Surtout, le voisinage de la beauté a quelque chose de pratique que la pudeur n'avoue jamais. Jean-Yves Lacroix

Lac

Lac
Echenoz Jean
Ed. Double/Minuit

Franck Chopin n'est pas de ces hommes qui ont eu très tôt un but dans la vie. Nulle vocation chez cet individu sinon celle de vétérinaire, vers dix ans, lorsqu'il aimait tellement soigner les petits mammifères, puis à vingt ans celle de chef de la révolution mondiale (Marx, Engels, Lénine, Chopin) - ensuite plus rien. Ensuite il va faire des études de sciences, qui le ramèneront à s'occuper des animaux - mais son objet d'étude est devenu l'insecte, la mouche plus précisément, qui est un genre qu'on ne soigne pas.

Et quatre ou cinq fois dans sa vie, il a disparu deux mois ; comme il connaît peu de personnes, on ne s'est pas trop inquiété.

Echenoz aime les lieux. Il a un talent fou pour suggérer, décrire une résidence anonyme, un lac artificiel, une gare parisienne, toute la poésie de Paris dans les vitres d'un RER. Il est de cette génération journalistique et voyageuse qui ne croit plus au roman, comme Balzac y croyait : naïvement. Jacques-Pierre Amette, Le Point

Le narrateur de Lac ne se contente pas de multiplier les rebondissements sans se prendre au sérieux. Des morceaux de réalité sont saisis dans les mailles et les miroitements de ses descriptions pour rire. La banlieue, par exemple, est présente avec une intensité qui renseignera les historiens du futur sur l'urbanisme parisien des années 80. Elle le fera mieux que les photographies, parce que les odeurs rôdent autour des fouillis de formes, les destins s'y faufilent, et les moeurs s'y impriment, comme sur les murs en démolition où restent accrochés des lambeaux de papiers peints usés à la tête des lits, des porte-savons suspendus, et autres vestiges de gestes quotidiens fossilisés.

Lac porte également témoignage sur la façon décousue de parler et de se taire, à la même époque - la nôtre. Les producteurs de cinéma seraient bien avisés de repérer l'aigu des répliques. Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde

Babylone

Babylone
Crevel René
Ed. Petite bibliothèque Ombres

«Femme couronnée de paille naturelle, il faut renoncer au bleu de la tendresse, au rouge du désir, au jaune de la joie, et même au mauve de la fatigue. Sur les quais, les tonneaux, lentement, perdent leur parfum feutré de géranium. Terre insensible, heure vide, Babylone, après les cris, les morsures, c'est grand silence. Une digue continue dans la mer ce sol charnel, ce grand corps de continent que l'insolation divinise.

Une femme, une ville luttent d'indifférence.»