Le rêve du village des Ding

Le rêve du village des Ding
Lianke Yan
Ed. Picquier poche

Sous les rayons du soleil couchant, la plaine du Henan est rouge, rouge comme le sang. Ce sang que vendent les habitants du Village des Ding pour connaître une vie meilleure. Mais, quelques années plus tard, atteints de « la fièvre », ils se flétrissent et quittent ce monde, emportés par le vent d'automne comme des feuilles mortes. Seul le fils du vieux Ding, qui a bâti sa fortune sur la collecte du sang, continue de s'enrichir en vendant des cercueils et en organisant des « mariages dans l'au-delà » pour unir ceux que la mort a séparés.

Le Rêve du Village des Ding est un roman bouleversant. Bouleversant par la tragédie qu'il raconte, bouleversant parce qu'il n'est que la fiction d'une réalité plus terrible encore. C'est l'histoire de centaines de milliers de paysans du Henan contaminés par le sida que l'auteur évoque dans ce roman d'une émotion poignante, traversé de rêves et de prémonitions. « Colère et passion sont l'âme de mon travail », dit Yan Lianke. Son livre est interdit en Chine et l'auteur privé de parole.

Un texte lyrique et désespéré... de la très belle littérature (Nils C. Ahl, Le Monde).

Dix indiens

Dix indiens
Smart Bell Madison
Ed. Babel/Actes Sud

Lorsqu'un chauffard un jour le renverse, Devlin ne souffle mot de l'accident. Et quand une femme tombe sous une balle perdue lors d'une fusillade de rue, il se surprend à kidnapper le bébé de la victime. Pourquoi ? Lui-même l'ignore.

Devlin est psychologue pour enfants et pratique le taekwondo. Pour échapper à son malaise existentiel, il se lance dans un projet aussi exaltant que désespéré : ouvrir un cours de taekwondo dans l'un des quartiers noirs les plus défavorisés de Baltimore. Les membres de deux gangs rivaux s'inscrivent bientôt - de jeunes vendeurs de crack à la gâchette facile, animés d'une violence aveugle que Devlin croit un moment être à lui seul capable d'éradiquer, grâce à la maîtrise de soi qu'enseignent les arts martiaux...

Placé sous le double signe de la lucidité et de l'empathie, Dix Indiens confronte, au fil d'un fatal décompte, le monde blanc que corrode la dépression individuelle et le monde noir en proie au désarroi collectif.

Toute passion abolie

Toute passion abolie
Sackville-West Vita
Ed. Biblio romans

« En un éclir lady Slane sentit que le puzzle éclaté de ses souvenirs venait de se reconstituer [...]. Elle se retrouva sur la terrasse de la villa indienne désertée [...]. Elle appuyait ses bras sur le parapet brûlant, faisant pivoter lentement son ombrelle.

En fait, elle se tenait ainsi pour dissimuler son trouble car elle venait de se retrouver à l'écart de tous avec ce jeune homme à ses côtés. »

Le jour même de la mort de son mari Henry Holland, comte de Slane, lady Slane décide de vivre enfin sa vie.

Elle a quatre-vingt-huit ans. Lady Slane surprend alors son entourage en se retirant à Hampstead. Dans sa nouvelle demeure, toute passion abolie par l'âge et le choix du détachement, lady Slane se sent libre enfin de se souvenir et de rêver...

Léonard et Virginia Woolf disaient de ce livre de 1931 qu'il était le meilleur de Vita Sackville-West. Élégance folle, finesse et charme rétro. Epok.

La fille perdue

La fille perdue
Lawrence David Herbert
Ed. Biblio romans

Alvina, une jeune fille de bonne famille désargentée, découvre l'amour entre les bras d'un Italien, beau mais un peu fruste. Au mépris de toutes les conventions, elle le suit dans son pays. Perdue pour la morale, perdue dans un monde primitif dont elle n'a pas les clés, Alvina se découvre elle-même.

Peinture au vitriol de la société de province, fresque historique de l'Angleterre et de l'Italie au seuil de la Première Guerre mondiale, hymne à l'amour charnel et à l'instinct vital : trois motifs qui s'entremêlent ici dans un récit vigoureux, d'une fraîcheur déconcertante.

Par l'auteur de L'Amant de Lady Chatterley.

Le roi des Juifs

Le roi des Juifs
Tosches Nick
Ed. Livre de poche

À chacun son dieu. Nick Tosches, écrivain aussi déjanté qu'érudit, a choisi le sien : Arnold Rothstein, le « roi des Juifs », un célèbre gangster des années 1920. De sa naissance en Bessarabie à son arrivée dans le Lower East Side, Tosches retrace avec une méticulosité sidérante la vie de ce truand légendaire, métaphore d'un New York cosmopolite et violent, où il faut parfois tuer pour survivre.

Radioscopie d'une époque révolue, pamphlet, saga, élégie de l'american dream, réalité ou pur mensonge... Entre la fiction et le documentaire, Nick Tosches se livre en virtuose à un tour de prestidigitation éblouissant.

Nick Tosches donne à la vie et à la mort d'Arnold Rothstein la dimension d'un récit biblique. Il dresse un formidable portrait de ce fils d'émigrants devenu roi des bas quartiers de Manhattan.
Marianne.

À lire Tosches, on a l'impression de suivre un évangéliste fou, rêvant de planter sa croix sur une colline de bookmakers et de filles perdues. Le Point.

La ballade d'Iza

La ballade d'Iza
Szabo Magda
Ed. Viviane Hamy

Dans sa maison de la Grande Plaine, Mme Szöcs attend : son mari est en train de mourir, il ne reconnaît plus sa femme et sa dernière phrase est destinée à Iza, leur fille trop aimée.

Une fois son père enterré, la jeune femme emmène la vieille dame vivre avec elle dans son appartement de Budapest. Elle a tout décidé, fait le tri entre meubles et objets à garder et à abandonner, arrangé la chambre, sans rien demander à sa mère, ni son avis ni ses envies.

Peu à peu, la fragile petite vieille se pétrifie dans la non-existence qui lui est ainsi offerte, jusqu'au jour où elle décide de retourner dans son village...

Après le succès de La Porte, Prix Femina 2003, La Ballade d'Iza est une poignante réflexion sur la difficulté d'aimer, de comprendre l'autre et sur la solitude intrinsèque des êtres. » Claire Julliard, Le Nouvel Observateur

Cercle

Cercle
Haenel Yannick
Ed. Folio/Gallimard

Une famille ordinaire du Missouri puritain des années 1970. Une mère possessive, un père désabusé. Deux fils : un hippie révolté et Jonathan Franzen himself, adolescent mal dans sa peau, équipé de 'biceps en fromage blanc', exclu du club très fermé des gars cool du lycée, craignant les filles, mais vouant une passion délirante à Thomas Mann, à Charlie Brown et à Snoopy...

Bonsoir les choses d'ici-bas

Bonsoir les choses d'ici-bas
Antunes Antonio Lobo
Ed. Points

La mission des fonctionnaires paraissait simple : quitter Lisbonne pour l'Angola et récupérer une cargaison de diamants. Mais l'ancienne colonie portugaise, ravagée par la guerre, a sombré dans le chaos et est tombée aux mains d'une poignée d'individus qui attisent les haines. Sur cette terre de cauchemars, les missions ne sont jamais simples et toujours mortelles.

Sombre comme la tombe où repose mon ami

Sombre comme la tombe où repose mon ami
Lowry Malcolm
Ed. Points/Signatures

«Le 6 juin 1944, après trois ans d'abstinence, il avait absorbé un alcool. Aujourd'hui, après une nouvelle période d'abstinence, il se remettait à boire. Un peu. Pas beaucoup.» : Sigbjörn Wilderness retourne au Mexique en compagnie de sa nouvelle femme. Ce voyage ravive le souvenir douloureux de son premier mariage. Rongé par les affres de l'écriture et de l'alcool, il va s'éloigner peu à peu de celle qu'il aime...

Quiconque nourrit un homme est son maître

Quiconque nourrit un homme est son maître
London Jack
Ed. Editions du Sonneur/La petite collection

On connaît le Jack London (1876-1916) aventurier du grand Nord, marin des mers du Sud, chercheur d'or, vagabond du rail. On connaît aussi le London chantre de la nature sauvage, militant politique, défenseur des déshérités. Mais on ignore souvent le London polémiste qui, prenant ici prétexte de la condition de l'écrivain obligé de prostituer son talent pour vivre, fustige une société où l'argent est roi.