Ensenada : Babel grouillante du bout du monde, chaudron bouillonnant de luttes sociales et politiques. C'est sur cette terre gorgée de parfums, de sang, d'espoirs, de drames et de légendes que débarque Sara Divas, jeune juive fuyant le fascisme qui gagne l'Europe entière. Recueillie par le père Benzano, un curé atypique, Sara attire rapidement l'attention sur elle : la Vierge lui apparaît et d'étranges événements se produisent, que certains n'hésitent pas à qualifier de miracles. Au fil du temps, les liens entre Sara et le père Benzano changent de nature et les deux êtres se trouvent bientôt confrontés aux affres d'une passion interdite, tandis que dans le pays, le péronisme qui s'installe inaugure une nouvelle ère de répression. Chant d'amour évoquant l'Argentine qui change de visage, l'épopée des amants malmenés par l'Histoire est aussi celle de cette terre de feu et de ténèbres.
«Est-ce un livre qui fait rire ou pleurer ? - Un livre qui fait beaucoup rire (mais pour éviter de pleurer). - Est-ce qu'il peut se révéler utile pour comprendre l'Italie d'aujourd'hui ? - Utile ? Non, fondamental.»
Corriere della Sera magazine
Orchestrée de main de maître par un magnat de l'immobilier, la fête du Siècle promet d'être parfaitement décadente : tout ce que Rome peut compter de VIP a rendez-vous dans le parc de la légendaire Villa Ada. Parmi eux, des chirurgiens plasticiens, des acteurs, des mannequins, des avants-centres et des journalistes, ainsi qu'un écrivain à succès : Fabrizio Ciba. L'ego en bandoulière et le front haut, il est bloqué depuis trois ans au chapitre II de son nouveau roman. Au programme des festivités, un triple safari avec chasse au lion, au renard et au tigre aurait vocation à devenir le temps fort de la soirée. Mais c'est compter sans l'intervention d'une secte satanique baptisée «Les Enragés d'Abaddon», dont les adeptes, en mal de célébrité, sont prêts à saisir leur quart d'heure de gloire...
Dans cette comédie grinçante, Ammaniti nous dévoile la face cachée d'une Italie gangrenée par le pouvoir de l'argent, la superficialité et la vulgarité. Loin des clichés touristiques, Rome y apparaît au coeur d'une fable où est pointée l'outrance et le grotesque de l'hypermédiatisation contemporaine.
«Une fois encore, Ammaniti confirme qu'il est l'un des véritables romanciers de l'Italie d'aujourd'hui.» Pulp Libri
Avec Les belles choses que porte le ciel, Prix du meilleur premier roman étranger, Dinaw Mengestu s'est imposé parmi les nouvelles voix de la littérature américaine. on retrouve dans ce nouveau roman la grâce poétique de son écriture et de son regard, ce souci de rendre compte de la réalité sans jamais négliger la fiction ni l'imaginaire. Ce qu'on peut lire dans l'air nous parle du couple, de la solitude, de la guerre et de l'ecxil, mais il évoque aussi la lumière et l'apaisement.
Au début des années 1980, Yosef et Mariam, un jeune couple que la révolution éthiopienne a séparé pendant trois ans, se rejoignent enfin aux Etats-Unis. Trente ans plus tard, leur fils Jona revient sur leurs pas pour reconstituer son histoire familiale.
« Deux jours après que sa voiture – une Chrysler LeBaron avec sièges en cuir et options haut de gamme – eut disparu de l’allée du garage, Warren Ziller longeait discrètement les demeures cossues de ses voisins, s’appliquant à boiter au même rythme que son chien. »
Après La Musique des autres, recueil de nouvelles inventives et déroutantes, Eric Puchner réussit un premier roman saisissant de drôlerie et d’intelligence. Sur le ton de la tragicomédie, il raconte la chute de la famille Ziller, et plus particulièrement du père, Warren, qui a délaissé le bonheur paisible du Wisconsin pour la Californie du rêve américain. Mais rien ne se passe comme prévu et Warren ne peut avouer à sa femme et à ses trois enfants qu’il a investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui vient de tourner au désastre... Un mensonge qui ne sera pas sans conséquences.
Au coeur de ce fiasco, entre hilarité et désespoir, Puchner fait preuve d’une parfaite maîtrise du récit. Caustique et brillant, Famille modèle nous offre un portrait original et émouvant de la condition humaine.
Au coeur de ce conte comique et impitoyable sur l'Amérique de la libre entreprise, évolue JR, un jeune capitaliste de 11 ans. Emblématique d'une société amorale et sans scrupule où les affaires louches remplacent la réflexion et le sentiment, ce gamin aux baskets mal lacées, ayant maîtrisé le jargon de Wall Street, devient riche par avidité et non par génie.
Incontournable, inclassable, JR est le chef-d'oeuvre de William Gaddis. Déferlante de mots, oscillant sans choisir entre bouffonnerie et satire, cette fable géante et protéiforme possède le coffre, la force et la férocité des modèles littéraires dont on ne finit jamais d'hériter.
Dans un pays des Balkans qui se remet douloureusement d'un siècle de guerres, Natalia, jeune médecin, est venue vacciner les pensionnaires d'un orphelinat. Autour d'elle, tout n'est que superstitions. Les épidémies seraient des malédictions, les morts, des forces vives. Ces croyances absurdes, Natalia les rattache aux contes que lui a transmis son grand-père. Mais l'histoire la plus extraordinaire, celle du tigre, de la sourde-muette et du petit garçon de neuf ans, il l'a emportée dans la tombe. Un mystère plus douloureux, plus intime, vient alors s'ajouter au faisceau des légendes. En cherchant à l'élucider, Natalia comprendra les errements des générations passées, et les travers de la sienne.
Confrontant le folklore et la modernité, Téa Obreht raconte les massacres, la haine, le soupçon et la lente reconstruction de l'ex-Yougoslavie. Avec ce premier roman écrit à tout juste vingt-cinq ans, elle est saluée de toutes parts comme l'héritière d'Isaac Bashevis Singer ou de Gabriel García Márquez.
« Des fables lumineuses pour une terre meurtrie... Une oeuvre extrêmement ambitieuse, écrite avec audace. »
The New York Times
Julian Treslove et Sam Finkler se connaissent depuis l'enfance, Libor Sevcik est leur ancien prof d'histoire. Au fil des ans, la vie les a séparés sans qu'ils se perdent tout à fait de vue. La mort des épouses de Finkler et de Libor va les réunir de nouveau ; Treslove, veuf honoraire, passe quelques heures délicieusement pénibles avec ses deux amis, à se rappeler le passé. Or, ce soir-là, en rentrant chez lui le coeur lourd, il est victime d'une banale agression qu'il passera des jours à décortiquer. Peu à peu, une certitude s'impose à lui : on l'a pris pour un juif.
Et s'il l'était vraiment ?
« Un chef-d'oeuvre. Chaque page déborde d'esprit : humour noir ou doux-amer, ironie, comédie, burlesque, reparties, cynisme... L'humour n'est pas l'ennemi d'un propos sérieux, et, entre de bonnes mains, il est même vital. » The London Times
Six jeunes paumés dépourvus d'émotions et de buts dans la vie entrent en guerre avec six femmes trentenaires, divorcées en manque d'amour, dans une spirale de violence qui voit les cadavres s'accumuler avant de culminer dans une explosion (presque) atomique qui raye de la carte toute une ville près de Tokyo.
Six jeunes déseouvrés qui passent leurs soirées à parler sans s'écouter, à rire de façon incontrôlée et à interpréter des chansons à la mode au bord de la mer.
Six femmes qui n'ont en commun que leur prénom, Midori, et qui vont découvrir les vertus de la vengeance.
Murakami a écrit une fable très noire, en forme de karaoké littéraire, jouant avec les références aux mangas, à la culture urbaine et aux chansons populaires japonaises de la seconde moitié du xxème siècle.
Un regard d'une lucidité effarante sur une société où seule l'intrusion de la violence donnerait du sens à un monde voué à la solitude.
A Gatwik, les cinq copines du roman Les sopranos se retrouvent pour de nouvelles aventures. Elles sont étudiantes ou employées et décident de prendre le premier vol à bas prix pour une destination de rêve. De péripétie en péripétie, ce nouvel opus offre un tableau de la fragilité humaine avec en filigrane les problématiques de la société écossaise : disparité, éducation, capitalisme, etc.
Jorge Barón Biza est le fils de Rosa Clotilde Sabattini et de Raúl Barón Biza : lui, figure paradoxale de la politique argentine et auteur de romans sulfureux inspirés du Marquis de Sade ; elle, femme engagée et pédagogue influente, rivale d'Eva Perón. Un couple romantique et passionnel, qui a passé la moitié de sa vie en exil, alternant ruptures et réconciliations. Un jour, le père vitriole sa femme sous les yeux de leur fils. Jorge a 20 ans. Commence pour lui un voyage à travers les meilleures cliniques de la planète, pour tenter d'aider à la reconstruction du visage maternel. De Buenos Aires à Milan, il oscille entre quête de la mère, mémoire du père et perdition dans les bas-fonds délétères des grandes villes. C'est cette histoire que raconte le roman.
Le nom des Biza est aujourd'hui entouré, en Argentine, d'un halo méphitique. Le père, Raúl Barón Biza (1899-1964), millionnaire, auteur de romans provocateurs, intellectuel rebelle à tous les régimes, s'est donné la mort après avoir agressé son épouse, qui s'est défenestrée plusieurs années après. Deux de leurs enfants se sont également suicidés et l'un deux, Jorge, a écrit avant sa disparition un roman inspiré de ces destins : Le Désert et sa semence.
Au cours de sa vie, Raúl Barón Biza a défendu tour à tour des leaders et des partis rivaux entre eux, s'exposant à la persécution, puis à l'expatriation en Uruguay, où il est même incarcéré au début des années 1940. Il termine en prison son oeuvre la plus connue, Le Droit de tuer, un roman philosophique et pornographique immédiatement censuré. Il se marie secrètement à la même époque avec Rosa Clotilde Sabattini, une brillante intellectuelle qui a 20 ans de moins que lui. Trois enfants naissent.
Jorge Barón Biza (1942 - 2001 ) est donc ballotté, durant l'enfance, entre l'Argentine et l'Uruguay, puis, à l'adolescence, entre son père et sa mère, qui à partir de 1950 vivent le plus souvent séparés. À l'âge de 22 ans, il assiste, lors d'une ultime procédure de divorce, à une scène atroce : Raúl vitriole Clotidle, puis prend la fuite. Peu après, la police le retrouve dans sa chambre, avec une balle dans la tempe. Jorge part en Italie avec sa mère, pendant plus d'un an, pour l'assister et surveiller les opérations chirurgicales de reconstruction du visage. C'est principalement de cette expérience que se nourrit son roman, qu'il écrit près de 35 ans après (1998), dans un style d'une étrangeté et d'une froideur recherchées pour créer un effet de distance et échapper au pathos.
De retour en Argentine, Jorge devient journaliste, travaille pour des publications d'hôpitaux psychiatriques comme pour des revues mondaines. Il est aussi critique d'art, professeur d'université, correcteur, nègre littéraire et traducteur... de Marcel Proust et de Thomas Mann. À sa mort, il n'a publié qu'un roman : Le Désert et sa semence est d'une telle force qu'il a influencé plusieurs générations d'écrivains argentins (Osvaldo Lamborghini, Oliviero Coelho, ...)