Jean Cayrol. Une vie en poésie

Jean Cayrol. Une vie en poésie
Pateau Michel
Ed. Seuil

Écrivain, scénariste de cinéma, éditeur, membre de l'académie Goncourt, et avant tout poète, Jean Cayrol (1910-2005) a tenu une place éminente dans la vie intellectuelle française. Sa sensibilité singulière, son dédain de la respectabilité et de la notoriété restent une référence pour ses lecteurs et pour ceux qui ont eu le privilège de le connaître.

S'il est vrai que la mission de tout poète est de rétablir le contact, Jean Cayrol l'aura merveilleusement accomplie, depuis les brumes du port de Bordeaux où il est né à l'enfer des camps d'où il est sorti vivant pour nous parler en frère.

Dans ce XXe siècle aveuglé par les idéologies, il s'est tenu à l'écart, appliqué à faire entendre une voix qui ne ressemble à aucune autre : celle de la réconciliation. Le présent ouvrage atteindrait son but s'il pouvait aider cette voix à se faire encore davantage entendre.

En numérique chez Tropismes : Jean Cayrol. Une vie en poésie

Dictionnaire humoristique des surréalistes et des dadaïstes

Dictionnaire humoristique des surréalistes et des dadaïstes
Drachline Pierre
Ed. Cherche Midi

«Surréaliste !» Tel est l'adjectif qu'emploient le plus souvent, aujourd'hui, journalistes et hommes politiques pour qualifier un événement ou une idée qui dépassent leur entendement. Au-delà d'un mot tombé dans le domaine public et des gloses universitaires, il était utile de revenir à l'essentiel, c'est-à-dire aux textes eux-mêmes.

Surréalistes et dadaïstes écrivaient comme ils giflaient les importuns qui s'interposaient entre eux et la vie. Leurs cibles sont toujours, hélas, d'une affligeante actualité : l'ordre, l'État, les religions, l'armée, la police, la laideur, la loi de l'argent...

Plus de mille citations de cent vingt écrivains, tant français qu'étrangers, prouvent que les années n'ont pas eu de prise sur l'esprit surréaliste et dadaïste. Impertinence, provocation, autodérision et humour noir soufflent dans ces lignes qui sonnent comme un indispensable rappel au désordre.

L'endiguement des renseignements

L'endiguement des renseignements
Yvert Fabienne
Ed. Attila

De 1860 à 1902, Emmeline Raymond dirige La Mode Illustrée, qui n'est rien de moins que l'ancêtre de tous les périodiques féminins. Dans une époque où le pays s'enrichit à toute allure, les femmes et les hommes découvrent les charmes apparents de la bourgeoisie et les angoisses du confort. Rédactrice en chef et auteur de manuels de savoir-vivre à succès, Emmeline Raymond devient de fait le mentor des familles. Elle doit mener de front la parution des romans en feuilleton, les chroniques habituelles, les choix des dernières gravures de mode, et répondre aux questions toujours plus nombreuses de ses abonné(e)s.

Mais comme l'espace manque dans son journal, Emmeline Raymond prend la décision déroutante de faire les réponses les plus lapidaires possibles, en ne reproduisant que les numéros des abonné(e)s à la place de leurs questions. Sans s'en rendre compte, elle invente un procédé littéraire dont le résultat aurait enchanté Alphonse Allais ou Raymond Queneau.

Un jour, en furetant comme à son habitude, Fabienne Yvert tombe sur cette drôle de rubrique, où les réponses sont parfois si étranges qu'on se demande quelles pouvaient bien être les questions. Elle décide de la lire sur toute la décennie 1870-1879, pour mieux voir ce qu'il en est, et en fait finalement un florilège. Le résultat - intitulé L'Endiguement des renseignements - pourrait être le pendant inattendu du « Dictionnaire des idées reçues », sur lequel Flaubert travaillait justement à la même époque. Quelque chose qui se situe entre la beauté de la langue, l'éclat de rire et le carottage d'une société en surchauffe.

Réjouissez vous ! Anthologie de l'optimisme et de la joie de vivre Suivi de L'inclinaison du monde. Nouvelle

Réjouissez vous ! Anthologie de l'optimisme et de la joie de vivre Suivi de L'inclinaison du monde. Nouvelle
Ovaldé Véronique
Ed. Albin Michel

Une anthologie littéraire

De Confucius à Giono, d'Épicure à Stendhal, les plus belles citations sur l'optimisme et le bonheur.

Une nouvelle de Véronique Ovaldé

Une fable touchante, légère et drôle.

Un petit « guide anti-morosité » à l'usage de tous.

Beaucoup de jours

Beaucoup de jours
Forest Philippe
Ed. Editions nouvelles Cécile Defaut

«Une journée qui compte pour toutes celles du calendrier : le 16 juin 1904. Un lieu qui vaut pour tous les lieux de la terre : Dublin. Une histoire qui comprend l'ensemble des fictions qui furent ou qui seront racontées : l'Odyssée d'Homère. Un héros qui est tout le monde puisque son nom est : Personne.

Un jour, une ville, une histoire, un héros : Personne vit les aventures de tout le monde en un lieu qui se situe nulle part comme il pourrait se trouver n'importe où, au cours de quelques heures aussi longues qu'un siècle et brèves autant qu'un instant.»

Lionel. L'enfant bleu d'Henry Bauchau

Lionel. L'enfant bleu d'Henry Bauchau
Catalogue d'exposition
Ed. Actes Sud

Lionel est le jeune adolescent perturbé dont s'est inspiré Henry Bauchau pour son livre L'enfant bleu, dans lequel on peut le reconnaître sous les traits d'Orion. Le roman raconte son lent cheminement vers la création artistique. En 1976 le chemin de l'écrivain, alors thérapeute au centre psychopédagogique de la Grange Batelière à Paris, croise celui de son jeune patient, qu'il encourage à exprimer ses peurs et ses fantasmes par le dessin. Suivra l'élaboration d'une oeuvre, dense et cohérente : labyrinthes, monstres, îles paradis, cosmos composent le monde de Lionel. Il a trouvé son domaine d'expression, celui du dessin, de la gravure et de la sculpture, caractérisé par une très grande minutie et une dextérité mises au service d'un imaginaire foisonnant. Les thèmes exprimés lors de son adolescence demeurent, trente ans plus tard, mais s'apaisent et s'ouvrent à des préoccupations sur le devenir du monde.

Correspondance avec Mircea Eliade. 1961-1986

Correspondance avec Mircea Eliade. 1961-1986
Pernet Henry
Ed. Labor et Fides

Le 21 février 1961, le jeune étudiant suisse Henry Pernet envoie quelques livres au célèbre historien des religions Mircea Eliade pour se les faire dédicacer. Le 15 mars 1986, Mircea Eliade prie Henry Pernet de lui faire parvenir, pour sa femme malade, un médicament introuvable aux Etats-Unis. En vingt-cinq ans, 166 lettres seront échangées entre l'admirateur suisse et le monstre sacré roumain. Elles sont éditées dans ce volume qui évoque ainsi un quart de siècle de la vie de Mircea Eliade par les prismes de l'amitié et du débat autour de la discipline de l'histoire des religions. Elles montrent la générosité et la patience remarquables d'Eliade à l'égard de son futur élève, protégé et collaborateur, sa tolérance pour la contestation, et sa fidélité tant en amitié qu'à l'égard de son oeuvre. Ces lettres révèlent aussi les coulisses du travail éditorial autour de l'oeuvre de Mircea Eliade. Enfin, elles dépeignent la personnalité d'un géant de l'histoire des religions via ses relations avec quelques grands penseurs et avec un correspondant généreux et créatif mais critique d'une oeuvre traçant le sillon d'une discipline encore en devenir.

La paix des cimes. Chroniques 1948-1955

La paix des cimes. Chroniques 1948-1955
Mauriac François
Ed. Bartillat

De 1948 à 1955, François Mauriac a écrit un nombre considérable d'articles dans les journaux et les revues qui n'avaient pas été recueillis en volume de son vivant. Le grand romancier y traite de toutes sortes de sujets, avec une prédominance pour les thèmes littéraires et artistiques, sans omettre les questions de société ou les affaires judiciaires du moment. Il décrit les péripéties politiques de la IVe République, engage des polémiques avec ses contemporains, Sartre et Aragon par exemple, ou célèbre ses grandes admirations, telles que Pascal ou Proust.

La Paix des cimes reflète la sérénité d'un écrivain au sommet de son art.

Comme le Bloc-notes, D'un bloc-notes à l'autre et «On n'est jamais sûr de rien avec la télévision», la présente édition est assurée par Jean Touzot, un des meilleurs connaisseurs de l'oeuvre de Mauriac.

Pour une contemplation subversive

Pour une contemplation subversive
Pellet Christophe
Ed. Arche

Hommage à Claudette Oriol-Boyer

Du style tardif

Du style tardif
Said Edward W.
Ed. Actes Sud

Publié à titre posthume, Du style tardif, issu du séminaire très fréquenté qu'Edward W. Said tint à l'automne 1995 à l'université de Columbia à New York, examine les oeuvres produites, sur la fin de leur vie, par des artistes aussi différents que Richard Strauss, Beethoven, Arnold Schoenberg, Thomas Mann, Jean Genet, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Constantin Cavafy, Samuel Beckett, Luchino Visconti et Glenn Gould.

S'appuyant sur la notion de « style tardif » forgée par Adorno, Said s'attache ici à montrer que, loin de nécessairement incarner, de par leurs accomplissements formels, le seul triomphe d'une maîtrise ou d'une quelconque « sagesse » que tel ou tel artiste aurait acquises au fil du temps, nombre d'oeuvres ultimes demeurent profondément marquées au sceau de la fondamentale intranquillité qui caractérise la relation que, même au soir de son existence, tout authentique créateur entretient avec le monde. Bien que d'une tout autre nature que celui dont Said lui-même eut à faire la longue et douloureuse expérience, l'« exil » intérieur auquel certains artistes se voient confrontés jusqu'à leur dernier souffle, leur enjoint en effet, comme à lui, de se refuser obstinément à tout compromis en forme d'illusoire réconciliation avec la trajectoire que le dehors voudrait assigner à leur parcours.

Aussi brillants que révélateurs, ces essais d'une éminente rigueur intellectuelle et porteurs d'intuitions fulgurantes pourraient bien, dans leur éloquence et leur passion, constituer l'ultime chef-d'oeuvre d'Edward W. Said lui-même.