Le propre de l'homme. Sur une légitimité menacée

Le propre de l'homme. Sur une légitimité menacée
Brague Rémi
Ed. Flammarion

Armes de destruction massive, pollution, extinction démographique : tout ce qui menace l'homme en tant qu'espèce vivante ne fait plus de doute. Mais il existe des facteurs qui viennent de l'homme lui-même, visant à saper son humanité propre. Ces facteurs ont beau être plus difficiles à saisir, c'est eux que Rémi Brague tâche de repérer à travers une analyse fulgurante et radicale de l'idée d'humanisme.

Car il ne s'agit plus de savoir comment nous pouvons promouvoir la valeur homme et ce qui est humain, en luttant contre toutes les figures de l'inhumain. Il s'agit désormais de savoir s'il faut vraiment promouvoir un tel humanisme. C'est l'humanisme lui-même qui est mis à mal. Ce phénomène récent, Rémi Brague en aperçoit des signes avant-coureurs dans trois oeuvres majeures du XXe siècle, celle du poète russe Alexandre Blok, qui écrivait à l'ère de la révolution d'Octobre, et, plus près de nous, celles des philosophes Michel Foucault et Hans Blumenberg.

Nous ne pouvons plus nous bercer d'illusions. Il est facile de prêcher un humanisme réduit aux règles du vivre-ensemble, mais comment le fonder ? La pensée moderne est à court d'arguments pour justifier l'existence même des hommes. En cherchant à bâtir sur son propre sol, à l'exclusion de tout ce qui transcende l'humain, nature ou Dieu, elle se prive de son point d'Archimède. Est-ce une façon de dire que le projet athée des temps modernes a échoué ? C'est au lecteur d'en juger.

Qu'est-ce qu'un peuple ?

Qu'est-ce qu'un peuple ?
Collectif
Ed. La Fabrique

Peuple, un mot qui implique la disparition de l'État existant ? Populaire, un adjectif à travers lequel les dominés acceptent les conditions les plus défavorables à leur propre langage ? « Nous, le peuple », un énoncé performatif par lequel se constituent en peuple les corps réunis dans la rue ? Non pas un peuple, mais des peuples coexistants ? Des rapports de force, une histoire de rapports de force ? Et le populisme, une figure construite sur l'alliage d'une capacité - la puissance brute du grand nombre - et d'une incapacité - l'ignorance attribuée à ce même grand nombre ? Alain Badiou, Pierre Bourdieu, Judith Butler, Georges Didi-Huberman, Sadri Khiari et Jacques Rancière éclairent dans ce livre quelques-unes des facettes de peuple. Approches diverses, on s'en doute, mais qui ont un point commun malgré la polysémie du mot et la polyvalence de la notion : situer peuple sans hésiter du côté de l'émancipation.

Robespierre. Une politique de la philosophie

Robespierre. Une politique de la philosophie
Labica Georges
Ed. La Fabrique

Robespierre n'a pas écrit sur la Révolution : il l'a vécue, il a été emporté par son mouvement et lui a sacrifié son existence. Sa pensée politique - c'est là son originalité - est, comme l'explique Labica, pensée de l'inédit, produite au moment où elle se joue. Une politique de la philosophie donc, ou quand les actes sont immédiatement responsables devant les principes, et vice versa. Car Robespierre fut aussi un pragmatique : attentif aux rapports de force, parfois bousculé par les événements, il a cherché, inlassablement, le parti du peuple, de la démocratie et de l'égalité. Préserver et continuer la Révolution envers et contre tout, c'est l'exigence qui maintient la cohérence de son action et de ses prises de position sur la guerre, la mort du roi, la religion... Quand il est question de Robespierre, les jugements passionnels l'emportent souvent sur la rigueur et l'honnêteté. Écrit dans la tourmente du Bicentenaire, ce livre nous rappelle qu'il fut, avant tout, un homme de son temps. Temps révolutionnaire qui exigeait il est vrai «le courage de la pensée». De là la «dignité philosophique» de Maximilien Robespierre, de là aussi l'infirmité de nombre de ses détracteurs, passés et actuels.

Europe N°1008/Walter Benjamin

Europe N°1008/Walter Benjamin
Revue
Ed. Europe

Pourquoi et comment le pape est-il devenu 'infaillible' ? Qui était la femme derrière Pie XII ? Le Vatican a-t-il aidé les criminels nazis après la guerre ? Le pape Jean XXIII a-t-il évité l'apocalypse nucléaire en 1962 ? Peut-on être à la fois catholique et franc-maçon ? Qu'a-t-on trouvé dans le tombeau de saint Pierre ? Que se sont dit exactement Gorbatchev et Jean-Paul II en 1989 ? Jean-Paul II a-t-il couvert les crimes pédophiles ?

Après le grand succès des Secrets du Vatican, Bernard Lecomte nous livre à nouveau, avec son souci de l'exactitude historique, les histoires extraordinaires et insoupçonnées d'un lieu qui alimente tous les fantasmes.

La nostalgie. Quand donc est-on chez soi ?

La nostalgie. Quand donc est-on chez soi ?
Cassin Barbara
Ed. Autrement

Au départ, il y a une question émouvante : pourquoi, se demande Barbara Cassin, suis-je en proie à la nostalgie dès que je mets les pieds en Corse, alors que je n'y ai pas mes racines ?

C'est peut-être que cette île appartient ; à la Méditerranée, mer de l'Odyssée et de l'impossible retour.

Etudes sartriennes n°16/2012. Les conférences du Havre sur le roman

Etudes sartriennes n°16/2012. Les conférences du Havre sur le roman
Revue
Ed. Ousia

Pourquoi et comment le pape est-il devenu 'infaillible' ? Qui était la femme derrière Pie XII ? Le Vatican a-t-il aidé les criminels nazis après la guerre ? Le pape Jean XXIII a-t-il évité l'apocalypse nucléaire en 1962 ? Peut-on être à la fois catholique et franc-maçon ? Qu'a-t-on trouvé dans le tombeau de saint Pierre ? Que se sont dit exactement Gorbatchev et Jean-Paul II en 1989 ? Jean-Paul II a-t-il couvert les crimes pédophiles ?

Après le grand succès des Secrets du Vatican, Bernard Lecomte nous livre à nouveau, avec son souci de l'exactitude historique, les histoires extraordinaires et insoupçonnées d'un lieu qui alimente tous les fantasmes.

Montaigne. La réflexion à l'essai

Montaigne. La réflexion à l'essai
Lobet Bernard
Ed. Ousia

Le rejet des systèmes et l'absence de concept nouveau ne sont pas des raisons suffisantes pour écarter l'auteur des Essais de toute considération philosophique. Michel de Montaigne est indissociablement écrivain et philosophe. Son style épouse les inflexions de sa pensées et capte fidèlement les moindres agitations de son esprit. S'il décide de coucher ses réflexions sur le papier pendant une vingtaine d'années, c'est pour essayer son jugement, le mettre à distance critique, le confronter à ceux des Anciens, mais aussi pour se libérer des préjugés et des dogmes, quelle que soit l'autorité qui les formule. Quant à l'unité de sa pensée, elle réside en lui-même : son corps et son esprit sont les seuls sujets de ses investigations.
L'essai, avant d'être un genre littéraire qui ne doit plus grand-chose à son pionnier, fut une forme idiosyncrasique d'expression réflexice et interrogative. Dans les Essais, Montaigne se tend le miroir de l'écriture dans l'espoir de trouver une sagesse à la mesure des possibilités humaines. Et il nous demande : 'Avez-vous su méditer et manier votre vie ?'

 

L'Etat nous rend-il meilleurs ?

L'Etat nous rend-il meilleurs ?
Ogien Ruwen
Ed. Folio/Gallimard

Essai sur la liberté politique

Comment conjuguer la justice sociale et les libertés individuelles ? La pensée conservatrice et sa vision moraliste des urgences politiques triomphent désormais sans complexe dans tous les camps politiques et dans l'action de l'État, quelle que soit la couleur des gouvernements.

Le problème principal de nos sociétés ne serait pas d'améliorer la condition économique des plus défavorisés, de mieux protéger les droits et les libertés de chacun, de réduire les inégalités de richesse et de pouvoir. Non.

Ce qui préoccupe la pensée conservatrice, c'est l'effondrement d'un certain ordre moral fondé sur le goût de l'effort, le sens de la hiérarchie, le respect de la discipline, le contrôle des désirs, la fidélité aux traditions, l'identification à la communauté nationale et la valorisation de la famille « naturelle » et hétérosexuelle. Philosophe, Ruwen Ogien montre que nous avons des raisons philosophiques de résister à cette pensée et de lui préférer des idéaux politiques égalitaire et libertaire. Car ces idéaux sont plus en harmonie avec la conception de la liberté politique qui paraît la plus juste - ce qu'on appelle en philosophie la liberté négative.

D'après elle, être libre n'est rien d'autre et rien de plus que le fait de ne pas être soumis à la volonté d'autrui.

Descartes. Admiration et sensibilité

Descartes. Admiration et sensibilité
Gress Thibaut
Ed. PUF

Y a-t-il une esthétique cartésienne ? La question, rarement abordée, mérite pourtant que l'on s'y attarde et que l'on étudie avec attention les écrits de Descartes, afin d'y découvrir la trace d'une éventuelle réflexion sur le beau. Force est de constater, toutefois, que les textes les plus célèbres ne ménagent guère de place à une esthétique explicite ; absence d'autant plus troublante que l'un des premiers ouvrages de Descartes, L'Abrégé de musique, avait entamé une analyse de la beauté et de sa réception par le sujet. Les analyses du présent ouvrage s'enracinent donc dans ce texte inaugural et dessinent les contours de ce qui semble être l'esthétique cartésienne. C'est à une double confrontation que celle-ci se trouve soumise : d'abord comparée aux textes ultérieurs de Descartes lui-même, elle est également mise en parallèle avec les écrits théoriques de Poussin et Le Brun afin de cerner aussi bien la singularité cartésienne que son éventuelle postérité. Enfin, l'admiration fait l'objet d'une analyse soutenue destinée à révéler les deux registres esthétiques présents dans l'oeuvre cartésienne.

Pascal. Foi et conversion

Pascal. Foi et conversion
Rabourdin David
Ed. PUF

Pascal et ses Pensées peuvent-ils « donner » la foi ? Si celle-ci est d'abord grâce, don d'un Dieu libéral et qui s'en réserve l'initiative, alors le projet apologétique ne peut manquer d'être interrogé, et sans doute radicalement compromis : à quoi bon convaincre l'incroyant de se mettre en ordre de recherche, à quoi bon lui proposer un chemin de conversion, s'il ne lui appartient pas de trouver ce qu'il cherche, cette foi qui demeure à distance du pouvoir de l'homme ? Loin d'être ignorée de Pascal, cette objection radicale, discrète dans la lettre des fragments, joue au contraire un rôle majeur dans le projet général des Pensées.

La présente étude propose de mettre en lumière cette objection souvent oubliée, afin d'examiner la manière dont Pascal y répond : il propose à son interlocuteur un véritable itinéraire de conversion, concret, qui fait intervenir le corps comme l'esprit, l'intérieur comme l'extérieur, dans une sincérité qui se veut maximale. L'attention portée à cette réponse permet d'éclairer de manière renouvelée des thèmes devenus « classiques » : le texte du Pari, les trois ordres, la critique des philosophes et le scepticisme de Pascal, la relation de l'homme à Dieu, le rôle des prophéties et l'histoire du salut, les rapports entre la nature, la liberté et la grâce.