Revue BNF n°40/Arts du mime

Revue BNF n°40/Arts du mime
dir. Joëlle Garcia
Ed. Bibliothèque Nationale de France

Je n'ai pas trouvé la maison.

Ce sont les premiers mots du Garçon lorsqu'il arrive chez les parents de la Fille et frappe à la porte. Là, sur le seuil de cette maison étrangère, débute le théâtre de Fosse. Ouvrons la porte et entrons.

Les esprits de Princeton

Les esprits de Princeton
Kehlmann Daniel
Ed. Actes Sud

Le grand scientifique Kurt Gödel est misé-rablement décédé, à Princeton, en 1978. Sa veuve et ses collègues venus assister à la veillée funèbre évoquent leurs souvenirs de ce scientifique atypique qui, ces dernières années, leur a donné du fil à retordre. Kurt Gödel, ou plutôt son esprit, est présent lui aussi, pour revivre les événements de sa vie, spectateur éthéré de son évolution.

Lettres

Lettres
Koltès Bernard-Marie
Ed. Minuit

Je reste persuadé que la vie est ce qu'on en fait, et qu'il n'est pas d'âge qui soit particulièrement malheureux - si ce n'est celui où l'on abandonne la partie - et on peut l'abandonner à tout âge. Je trouverai la vie laide le jour où je me mettrai assis et ne voudrai plus me relever. Pour le moment - pour moi -, vingt ans, c'est l'âge d'une grande décision ; c'est l'âge où je risque ma vie, mon avenir, mon âme, tout, dans l'espoir d'obtenir plus ; c'est l'âge où je travaille sans filet. C'est terrible, bien sûr... mais n'est-ce pas cela, vivre ? Il me semble que je ne pourrai pas dire, plus tard, d'un air désabusé : «Ah ! Si j'avais vingt ans !» ; je ne crois pas non plus que je pourrais gémir en disant : «Vingt ans : une bien triste période...» Je ne souhaite qu'une chose : c'est d'être capable toute ma vie de prendre des risques et ne jamais vouloir m'arrêter en chemin. N'est-ce pas cela, «avoir toujours vingt ans ?» Bernard-Marie Koltès

 

Nickel stuff

Nickel stuff
Koltès Bernard-Marie
Ed. Minuit

Passionné de cinéma, Bernard-Marie Koltès se nourrissait de films, plus en amateur qu'en cinéphile. Il a été formé autant par le cinéma que par la littérature. Son univers était constitué aussi bien par Dostoïevski, Faulkner et Conrad que par Huston, Scorsese et Antonioni.

Il a écrit plusieurs scénarios, pour la plupart disparus, dont le dernier, Nickel Stuff, en 1984, qu'il voulait tourner à Londres, en noir et blanc, avec John Travolta et Robert De Niro. Mais il y renonça : ayant été invité sur quelques tournages de film, il fut convaincu de ne jamais se laisser embarquer dans une affaire aussi compliquée.

La rhétorique vive

La rhétorique vive
Koltès Bernard-Marie
Ed. Hermann

Surplombant l'oeuvre entière, Dans la solitude des champs de coton brille des feux de la rhétorique et retrace le cheminement des corps et des discours à l'orée du lien social, du désir et du rapport à la Cité. Koltès redécouvre le modèle antique de la sophistique pour en tester l'efficacité tragique.

Le présent essai s'interroge sur le sens et la portée d'un tel retour. En croisant anthropologie, philosophie, psychanalyse et sociologie, l'analyse opère un salutaire coup de force, car elle délocalise le regard porté sur l'oeuvre et montre comment la torsion de l'écriture s'empare de cette forme supposée désuète pour la hisser sur la crête de la contemporanéité.

La contrefaçon des procédures de discours empruntées au marché fait ainsi bon ménage avec une rhétorique érotisée qui manque son but mais élève les esprits et les coeurs. Partage difficile entre la « blague » et le sérieux, qui témoigne d'une très actuelle manipulation des valeurs.

Miniatures théoriques. Repères pour un paysage théâtral

Miniatures théoriques. Repères pour un paysage théâtral
Banu Georges
Ed. Actes Sud

Georges Banu dégage dans cet ensemble de « miniatures théoriques » certains « noeuds poétiques » autour desquels s'organise le paysage théâtral d'une époque. Il se fie à sa « bibliothèque intérieure » que constituent les spectacles vus au fil du temps et dont sa mémoire a gardé la trace ainsi que le plaisir.

Très personnel et subjectif, ce livre s'apparente à un cabinet de curiosités, une collection privée à l'aspect faussement disparate, car tous les éléments sont reliés au nom d'une posture commune : le théâtre vu de près. Ces textes saisissent des « points de fixation » de la scène contemporaine : une question récurrente (« Vidée, la scène vide ? »), un bonheur secret (« Neige »), un choix significatif (« Chapeaux melon et godillots usagés ») ou encore une porte ouverte (« Les saluts ou le protocole de la fin »)...

Ces brefs écrits se placent sous le signe d'une rare phrase optimiste de Beckett : « Se donner du mal pour les petites choses, c'est parvenir aux grandes, avec le temps » !

L'atelier d'écriture théâtrale

L'atelier d'écriture théâtrale
Joseph Danan, Jean-Pierre Sarrazac
Ed. Actes Sud

Ce précieux vade-mecum entraînera son lecteur directement sur les chemins de l'écriture dramatique. De l'utilisation de ses propres rêves au traitement d'un fait divers ; c'est à travers des exercices abordables et ludiques qu'il pourra mettre à l'épreuve son écriture mais aussi devenir un lecteur et un spectateur plus affûté.

Kiss & cry

Kiss & cry
Gunzig Thomas
Ed. Impressions Nouvelles

Le spectacle Kiss & cry (NanoDanses) a été créé à l'occasion du Festival VIA au printemps 2011. Il confronte cinéma, danse, texte, théâtre et bricolages. Le livre reprend le texte poétique de la voix off, écrit par le romancier Thomas Gunzig, en l'accompagnant de nombreuses images tirées du spectacle.

Eurydice

Eurydice
Anouilh Jean
Ed. Table ronde

« Dans son registre, Jean Anouilh a montré un talent exceptionnel, une maîtrise remarquable du dialogue, des situations et des personnages, une virtuosité et une acuité qui font de lui l'un des plus éminents auteurs du siècle. » Philippe Tesson.

Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ?

Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ?
Barker Howard
Ed. Actes Sud

Ces tristes lieux, pourquoi faut-il que tu y entres ? est le premier volume à associer trois aspects du travail créatif de Barker. Pourquoi les avoir ainsi rapproches ? Quels sont les rapports qui se tissent ici entre la notation personnelle, l'écriture scénique et la photographie - entre la voix singulière, oscillant entre murmure et provocation, soliloque et confidence , la pluralité dialogique des figures du drame ; et le silence de l'image ? Un ouvrage aussi bref que Ces tristes lieux..., précisément parce qu'il suggère ces questions sans y répondre, offre une excellente occasion d'opérer une première incursion dans le paysage complexe, reconnaissable entre tous, dont Barker a fait son domaine. Daniel Loayza

 

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