Dès les premières pages, le décor est campé : les personnages - des colons qui s'y croient -, et le pays d'en haut - une Australie encore sauvage et mystérieuse -, tels sont les protagonistes de la véritable histoire de la famille de Miles Franklin transmise par sa grand-mère.
Conte de colons sans scrupules et de leurs têtes brûlées d'enfants, d'éleveurs et de broussards, d'inondations et d'amours malheureuses..., cet époustouflant roman est considéré comme le chef-d'oeuvre de Miles Franklin.
C'est en 1882 que, peu après le décès de sa mère, Henry James entreprend le «petit tour de France» qui, à la suite d'une série d'articles, va donner naissance au présent ouvrage. À cette époque, l'auteur a déjà beaucoup voyagé, en France même et ailleurs en Europe, et a lu quantité d'auteurs français. C'est donc en connaisseur du pays, de son histoire et de sa littérature qu'il va suivre un itinéraire qui le mènera d'abord à Tours et dans les châteaux de la Loire, puis au Mans et à Nantes, avant de se diriger vers le sud, où il passera par Bordeaux, Toulouse, Arles, Nîmes, Carcassonne, terminant son périple par la Bourgogne. Tout au long de ses promenades, dans une prose raffinée, il décrit les monuments et évoque les lieux visités sous les différents angles que sa culture lui permet d'appréhender, citant Honoré de Balzac ou George Sand, aussi bien que John Ruskin, et proposant une réflexion permanente entre passé et présent.
Ce vagabondage d'un grand esprit a longtemps servi de guide aux visiteurs anglo-saxons de nos contrées. Une splendide «leçon de regard».
Un petit monument d'humanité : c'est ainsi qu'on peut définir l'ensemble des nouvelles du grand écrivain américain réunies dans ce livre. La biographie de l'auteur jette une vive lumière sur ces histoires : né pauvre, Anderson a renoncé aux valeurs de l'establishment (et à une situation enviable) pour se lancer dans l'écriture - qui fut pour lui une sorte de sacerdoce.
Car Sherwood Anderson souhaitait rendre compte de la vie des humbles, ceux auxquels la littérature élitiste de l'époque ne s'intéressait pas. Il ne juge jamais : on ne trouvera pas ici le moindre discours moral. Il décrit les fatalités de l'existence, sans jamais s'embarrasser de détails superflus. Il n'hésite pas, surtout, à montrer ses personnages dans toute leur nudité physique ou intérieure. En cela, il ouvre la voie à un Hemingway, à un Faulkner. Lire Sherwood Anderson, c'est plonger dans le creuset de la littérature américaine moderne.
Erwin Sommer, citoyen estimé de sa ville, mène une vie paisible. Heureux propriétaire d'un florissant magasin de produits agricoles, il est marié depuis quinze ans à Magda. Mais une série d'échecs professionnels et de tensions grandissantes dans son couple l'entraîne à boire. Il découvre alors la plénitude de l'ivresse, les joies de la débauche et de l'oubli. Lucide sur sa dépendance et sa lâcheté, Sommer continue malgré tout, précipitant sa déchéance, à faire le choix de l'alcool.
Écrit en 1944, Le buveur est à la fois le témoignage brûlant d'une dépendance dont Fallada lui-même ne réussit jamais à se débarrasser et la peinture réaliste et grinçante des bas-fonds de la société allemande.
Bahia, jour de carnaval. Après un énième excès, Vadinho, joueur et coureur invétéré, s'effondre en pleine rue, laissant derrière lui une veuve éplorée, la belle dona Flor. Appréciée de tous, cuisinière émérite, dona Flor se console rapidement en épousant le très respectable docteur Teodoro. Mais cette existence calme et ordonnée vole en éclats le jour où la jeune femme trouve Vadinho étendu, nu, sur son lit. Invisible à tous, l'homme s'est réincarné pour la seule dona Flor et entend bien jouir de ses droits de mari...
« L'un de ces rares écrivains qui ont su incarner l'âme métisse et réputée insaisissable du Brésil. » L'Express
Il y a la Méditerranée, la lumière, l'île d'Elbe au loin. Mais ce n'est pas un lieu de vacances. C'est une terre sur laquelle ont poussé brutalement les usines et les barres de béton. Depuis les balcons uniformes, on a vue sur la mer, sur les jeux des enfants qui ont fait de la plage leur cour de récréation. La plage, une scène idéale pour la jeunesse de Piombino. Entre drague et petites combines, les garçons se rêvent en chefs de bandes, les filles en starlettes de la télévision. De quoi oublier les conditions de travail à l'aciérie, les mères accablées, les pères démissionnaires... Anna et Francesca, bientôt quatorze ans, sont les souveraines de ce royaume cabossé. Ensemble, elles jouent de leur éclatante beauté, rêvent d'évasion et parient sur une amitié inconditionnelle pour s'emparer de l'avenir.
Depuis l'arrivée du couple Daniels, la petite bourgade de Winsville, en Virginie, est en émoi. L'intense beauté de Vienna, sa déroutante culture, sa passion immodérée pour les arbres suscitent l'admiration des uns, l'effroi des autres, les commentaires de tous. Un jour, Willard s'en va et laisse Vienna élever seule leurs deux enfants, Willa et Elliott, deux sauvageons pétris de curiosité et de connaissances. Dès lors, les rumeurs enflent. Jalousies et désirs se multiplient, se cristallisent. Puis le destin commence à s'acharner sur les Daniels. Forte de sa foi païenne, de son appétit de vivre, de l'amour qu'elle porte à Willa et Elliot, Vienna entre alors éperdument en résistance.
«En vérité je ne sais d'où ces statues tiennent cet air de présenter chacune à sa manière une déchirure profonde, et secrète, mais comment n'en serait-on pas touché ?»
À une époque indéterminée, un voyageur parcourt un monde mystérieux où, dans des domaines protégés par de vastes enceintes, les hommes cultivent des statues... Inlassablement, les jardiniers plantent, soignent et transplantent les pierres. S'ils acceptent de guider l'explorateur dans leur étrange contrée, lui disent-ils tout des règles de leur société ?
À la fois récit d'aventure, conte initiatique et rêve éveillé, Les jardins statuaires fascine par son ampleur et sa puissance évocatrice. Tapuscrit égaré, malchances et incendies ont concouru pendant trente ans à l'occultation de ce roman sans équivalent dans les lettres françaises.
Au coeur de ce roman d'initiation, un personnage hors du commun : Bastien, gardien d'un collège de jésuites à Lyon et secrètement passionné par les mystères du Tibet. Tenu à l'écart pour d'obscurs motifs, le vieil homme vit solitaire. Une rencontre l'amènera à révéler le lourd secret de son passé et à partir pour Lhassa...
Jean-Marie Blas de Roblès nous entraîne dans une aventure où vérités et mensonges, faute et rédemption se mêlent pour interroger les troubles profondeurs de l'Histoire contemporaine.
« Blas de Roblès excelle dans ses impressions de voyage, vivantes, colorées et terribles, sur le Tibet opprimé. Rien n'est unilatéral dans ce roman délicat comme un effeuillement, grâce à sa composition tressée à plusieurs voix. » David Fontaine Le Canard enchaîné
«Nous avons fini par aimer l'Afrique avec la passion du malade pour sa maladie.» Depuis que Carlos, Clarisse et Rui ont quitté l'Angola, le murmure des tournesols a cessé de les bercer. Leur mère est restée seule dans la plantation familiale. Quinze ans les séparent de l'Afrique, et leur attachement viscéral à la terre de leur enfance est troublé par la violence de la décolonisation. L'identité se perd sur les chemins de l'exil. Carlos attend, en présence de la bidonvillaine, son épouse, dans son misérable appartement de Lisbonne. Son frère et sa soeur viendront-ils ?