Sur la place d'un village corse, le nationaliste Stéphane Campana s'est effondré, fauché par deux balles tirées à bout portant. Virginie, jeune fille vivant depuis l'enfance dans la vénération de cet homme, se jette sur son corps inanimé pour une ultime adoration.
Khaled et Hayet, frère et soeur originaires de Larache, près de Tanger, sont arrivés là quelque temps auparavant, en quête d'un monde meilleur que semblait promettre le miroitement de la mer du haut de la magnifique corniche qu'on appelle Balco Atlantico.
Sur l'île de violence et de beauté, la trajectoire militante de l'un et le parcours jalonné d'espoirs puis de désillusions des autres sont déroulés jusqu'à leur rencontre décisive.
Porté par une langue charnelle et terriblement fraternelle, un roman solaire sur la mémoire, l'exil intérieur et les rêves d'ailleurs.
En 1884, le chirurgien Frederick Treves (1853-1923) rencontre John Merrick, dont le corps difforme est exhibé sans ménagement par un forain qui le présente comme l'Homme-Éléphant. Deux ans plus tard, le médecin parvient à extirper Merrick de sa misérable condition de bête de foire et lui offre enfin la vie de dignité à laquelle le jeune homme a toujours aspiré.
Cette histoire vraie fut à l'origine du célèbre film Elephant Man de David Lynch.
Tour à tour typographe, pilote sur le Mississippi, chercheur d'or et journaliste, l'écrivain Mark Twain (1835-1910) - également inventeur - était fasciné par les nouvelles techniques. Il s'essaie ici au périlleux apprentissage de la bicyclette, découvre les propriétés explosives des paratonnerres et lutte avec une machine à écrire dont les défauts semblent l'emporter sur les qualités. Curieux et maladroit, incorrigible et tenace, l'auteur de Huckleberry Finn livre ici, avec l'humour qui l'a rendu célèbre, un aperçu réjouissant des affres d'un pionnier face aux grandes inventions de son temps.
Voici le roman noir et vrai de Jake LaMotta, délinquant devenu champion du monde de boxe en battant Marcel Cerdan en 1949. C’est l’histoire d’un homme contraint de renoncer à la gloire, qui sombre dans la déchéance et devient acteur de série B. Un témoignage poignant et tumultueux. Ceux qui pensent connaître Jake LaMotta après avoir vu le film de Scorsese avec Robert De Niro savent en réalité très peu de choses sur l’incroyable odyssée humaine que fut la vie de ce fils d’émigrés italiens aux États-Unis. Martin Scorsese a choisi de n’adapter que la seconde partie de la vie de LaMotta. Mais, sans connaître sa jeunesse et ses secrets courageusement révélés dans ce livre, comment comprendre le parcours de l’auteur-boxeur marié à une beauté du Bronx et pourtant plongé dans la plus grande solitude? Une enfance misérable et une adolescence dans l’ombre de la Mafia le mènent très jeune en maison de redressement puis en prison. Coaché par un curé, c’est derrière les barreaux que Jake commence à boxer. Dès sa sortie, il n’a plus qu’une idée : devenir champion. Il s’entraîne et combat jusqu’au jour où il ne lui manque plus que le titre de champion du monde. Mais le boxing business appartient à la Mafia qui, pour le punir de l’avoir ignorée tant d’années, lui impose de s’allonger devant un adversaire. La rage au cœur, Jake finit par accepter pour accéder au combat qui le sacrera champion. Ce combat sera celui contre Marcel Cerdan, à qui il prendra le titre de champion du monde des poids moyens en 1949. Après la gloire viendront la chute, la ruine et la prison, l’alcool et les femmes, la drogue. Jake LaMotta finira par sortir de ce gouffre sans fond en se lançant dans le métier d’acteur.
Mélange de Riviera et de Floride, Vermilion Sands est une station balnéaire sur le déclin, prise dans les sables, avec sa léthargie, son mal des plages, ses perspectives mouvantes. S'y côtoient milliardaires excentriques, artistes désoeuvrés, belles et riches héritières en proie à leurs névroses et leurs fantasmes, qui trompent leur ennui dans d'étranges passe-temps. On y rencontre - parmi d'autres inventions extraordinaires - des fleuristes qui cultivent des plantes douées pour l'art lyrique... des sculpteurs de nuages... des maisons psychotropiques, sensibles à l'humeur de leurs occupants...
Souvent considéré comme le plus parfait des livres de J.G. Ballard, Vermilion Sands était devenu introuvable. Aux neuf nouvelles, ou chapitres, composant le recueil original, s'ajoutent aujourd'hui un long inédit, «Le labyrinthe Hardoon», qui préfigurait dès 1955 tout l'univers de Vermilion Sands, ainsi que trois avant-propos qui montrent l'importance séminale de ces textes pour l'oeuvre future de l'auteur.
«Vermilion Sands est la banlieue exotique de mon esprit», disait J.G. Ballard.
Pangbourne Village est un enclos résidentiel de luxe près de Londres, où une dizaine de familles aisées - directeurs généraux, financiers, magnats de la télé - vivent en parfaites harmonie et sécurité. Jusqu'au jour où l'on découvre que tous les enfants viennent d'être kidnappés et leurs parents sauvagement massacrés.
Deux mois après les faits, les enlèvements ne sont toujours pas revendiqués. Les enquêteurs sont dans l'impasse. Impuissants, ils se repassent avec effarement la vidéo tournée sur la scène du crime. La froideur méticuleuse des assassinats ajoute à l'impression d'être en présence d'une tuerie hors norme.
La police décide de faire appel à un psychiatre, le docteur Richard Greville, pour reprendre l'enquête.
Dans ce bref roman magistral, J.G. Ballard explore les conséquences extrêmes de la logique ultra-sécuritaire.
Max et Jerry ne se sont pas revus depuis que Jerry a quitté la maison familiale pour l'Afghanistan. Max, son frère, est resté comptable dans une entreprise d'emboutissage.
Et, si, un soir, Jerry passe la douane en fraude pour un retour de quelques heures parmi les siens, c'est que, comme Max, il poursuit un objectif qui devrait lui faire gagner beaucoup d'argent. Le plan ne peut échouer. Quitte à employer les grands moyens.
Enlèvement avec rançon est une histoire de trahison et d'amour fraternel, de rancoeurs familiales longuement macérées. Comme toujours dans les romans d'Yves Ravey, un arrière-plan social se dessine par touches. La politique mondiale fait aussi irruption avec le terrorisme et ce « réseau dormant » auquel appartient Jerry, prêt à se réveiller. Par quel fanatisme ce garçon, né dans un patelin du Jura français, issu de la classe ouvrière, s'est-il embarqué jusqu'au bout dans une cause si éloignée de lui ? Yves Ravey se garde bien de fournir des réponses. Il n'y a aucune morale, aucun jugement dans ce roman, dépouillé jusqu'à l'os, tragique comme peuvent l'être les westerns, burlesque aussi, comme eux, parfois. Du grand art.
Isabelle Rüf, Le Temps.
Quatre personnages plongés dans l'apocalypse de la modernité d'une grande cité vont voir leurs destins se croiser. Un chauffeur de taxi veuf qui ne peut pas se remettre de la mort de sa femme, un médecin sans illusions perdu dans les espaces virtuels de Second Life, une prostituée africaine accrochée à la vie que protège son totem, un petit lézard, et une vieille scientifique alcoolique et pédagogue sont les héros de ce conte philosophique sur fond d'assassinats en série, de terrorisme et de petits prodiges.
Grande raconteuse d'histoires étranges, Rosa Montero signe ici une tragicomédie pleine d'espérance, entre humour et émotion.
Ce recueil est composé de douze nouvelles publiées au cours des années 1930 et 1940, dans un large choix de magazines : depuis des revues littéraires confidentielles de gauche jusqu'aux périodiques de luxe à gros tirage, en passant par des quotidiens nationaux. Ces textes étonneront sans aucun doute les lecteurs qui ne connaissent que l'oeuvre de Cheever postérieure à 1947. Loin des banlieues cossues de la côte Est des États-Unis, l'auteur nous plonge au coeur d'une Amérique en pleine dépression, où vivent chômeurs, parieurs et plus généralement représentants d'une société en mal d'espoirs. Ces histoires (les premières qu'il a écrites) portent la marque incontestable de celui que beaucoup considèrent comme l'un des maîtres de la nouvelle.
Jeunes, belles et fragiles, les cinq filles Lisbon se suicident en l'espace d'une année. Difficile de comprendre ce qui se passe derrière les murs de la villa familiale : un quotidien étouffant, une mère plus sévère que les autres, une folie contagieuse... Des garçons du quartier, effrayés et fascinés, observent les filles s'effondrer une à une. Devenus adultes, ils s'interrogent encore.
« Elles nous avaient fait participer à leur folie, parce que nous ne pouvions faire autrement. »
« Virgin Suicides plonge ses héroïnes en enfer mais les lecteurs, curieusement, s'en réjouiront. » Newsweek