Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.
Si nous étions en Iran, cette salle d'attente d'hôpital ressemblerait à un caravansérail, songe Kimiâ. Un joyeux foutoir où s'enchaîneraient bavardages, confidences et anecdotes en cascade. Née à Téhéran, exilée à Paris depuis ses dix ans, Kimiâ a toujours essayé de tenir à distance son pays, sa culture, sa famille. Mais les djinns échappés du passé la rattrapent pour faire défiler l'étourdissant diaporama de l'histoire des Sadr sur trois générations : les tribulations des ancêtres, une décennie de révolution politique, les chemins de traverse de l'adolescence, l'ivresse du rock, le sourire voyou d'une bassiste blonde...
Nés sous les feux d'une forge où leur père bat le fer, ils étaient Fils du feu, destinés à briller. Mais l'un des deux frères meurt précocement. Face à la peine, chacun invente sa parade : le père s'efface, sa femme s'enferme dans le déni. Comment grandir avec une mère qui chaque jour dresse le couvert d'un fantôme et borde chaque nuit un lit depuis longtemps désert ? Devenu adulte et peintre, le frère survivant retrouve la paix dans ses tableaux, et nous fait revivre une enfance passée dans un monde de fictions, de gestes oubliés et de joies reconquises.
Il est absolument impossible de raconter l'histoire d'un lion, parce qu'il y a une indignité à parler à la place de quiconque, surtout s'il s'agit d'un animal.
Marqué par un deuil déjà ancien, un homme décide de revenir dans la ville où il est né et où il a autrefois vécu. Tout a changé. Pourtant, petit à petit, les mêmes fantômes fidèles s'en retournent vers lui sous les apparences étranges et familières qu'ils ont désormais revêtues. Dans le quartier où il s'est installé, de grands travaux sont en cours. Les immeubles en passe d'être démolis voisinent avec les constructions nouvelles. Autour de l'homme qui raconte son histoire, les signes se multiplient.
Deux enfants, Susanne et Thomas. Une maison aux portes closes. Parmi les adultes qui les entourent, une mère autoritaire, un oncle faible et pervers, et - plus tard - un maître d'école sadique sont les figures d'une inquiétante toute-puissance. Seule Odette, qui est presque une simple d'esprit - ou une sainte ? - se préoccupe vraiment d'eux. Et puis il y a Mathilde, la cousine tyrannique qui ment tout le temps et, pourtant, dit la vérité. « Que me manque-t-il ? », se demande Suzanne. Guidée par cette question, comme Ariane dans le labyrinthe, Suzanne revisite les moments et les lieux où tout s'est joué : le divorce raté des parents, la religion et le goût du blasphème, les premiers jeux sexuels, les nuits d'été au bord du lac, la cruauté, la bêtise. Dans le fol espoir de retrouver le chemin d'un paradis qui n'a peut-être jamais existé que dans son imagination.
« Quand nous nous retrouvâmes autour des restes de Man Ninotte - ses deux filles, trois garçons - et qu'il nous fallut confronter l'immobilité plénière, l'impassibilité absente et minérale, le silence sans commencement ni fin, comme lors de cette même ronde autour du cercueil que l'on devait sceller, nous dûmes être persuadés qu'une bonne partie du monde s'était comme amoindri, que les horizons s'étaient soudain déformés, laissant des irruptions de vides et des dévastations de nature invisible. Une bonne part de nous avait basculé hors de l'espace et hors du temps. »
« Je regarde ce clochard étalé au centre de la pièce. Son sommeil lui donne un air de bâton. J'ai l'impression qu'il se changerait en poussière si je le fixais trop longtemps. Le soleil et la terreur ont dû le momifier. Tout son être pue à des kilomètres à la ronde ou peut-être est-ce l'odeur même des kilomètres quand on les prend de face. L'odeur de la fuite, l'odeur de l'épuisement. Le peu qu'il m'a raconté de son histoire ressemble à un jeu de cache-cache avec le vent. »
"Au temps d'avant, avant tout ça, avant ce que je vais raconter et le reste, c'était le bonheur, la vie sans se l'expliquer. Si l'on me demandait "Comment ça va ?" je répondais toujours "Ça va !". Du tac au tac. Le bonheur, ça t'évite de réfléchir. C'est par la suite que je me suis mis à considérer la question. À esquiver, à opiner vaguement du chef. D'ailleurs, tout le pays s'y était mis. Les gens ne répondaient plus que par "Ça va un peu". Parce que la vie ne pouvait plus aller complètement bien après tout ce qui nous était arrivé."
La Crau, désert de pierres aux portes d Arles. Pays ras, pays nu, abandonné au mistral et aux brebis. C'est là que vivent Nel et Matt, l'un, fils et petit-fils de bergers, aujourd'hui photographe, l'autre, constructeur de toilettes sèches publiques, réalisateur à ses heures perdues.