Multitudes n°24/Printemps 2006. Une deuxième âge de l'écologie politique ?

Multitudes n°24/Printemps 2006. Une deuxième âge de l'écologie politique ?
Revue
Ed. Multitudes

Méditations mythologiques est le prolongement et la condensation, le précipité épuré et apuré d'un livre-somme de Pinchard :

La Raison dédoublée. La fabbrica della mente (Aubier, 1992), où une critique mythologique de la raison, à travers le conflit entre la scolastique et l'humanisme italien, en s'appuyant sur l'?uvre de Giambattista Vico, était menée rigoureusement comme une enquête sur les pouvoirs géminatoires de l'esprit : le deux, la doublure, le ' aussi ', l'intervalle, l'analogie, la variation. Toute la Renaissance était traversée jusqu'à l'épistémologie de René Thom, qui signait une postface complice et aride au livre.
L'exercice de Méditations mythologiques, répondant aux méditations métaphysiques de Descartes, ausculté en profondeur par Pinchard, a pour fonction de ' saisir méthodiquement le sujet à son surgissement le plus libre et de lui montrer que, par un développement rigoureux de ses actes premiers, il engendre une mythologisation générale de l'existence ' (p.19). Il s'agit d'un acte à la fois de fondation et de transformation où la pensée se mesure à l'infini et non à sa finitude. Elle est capable, par une sorte d'autarcie éprouvée, s'étendant à tout ce qui est, s'aliénant pour y jouer la possibilité de l'esprit, de construire et de concevoir des ' objets-limites ', expressions, figurations, plans de conscience, légendes mythes matière subtile, espace qualifié qui devient, avec ses enroulements, ses vibrations, ses résistances, ' étendue mythologique ' dont la méditation prend ' en toute chose le parti de l'âme. Pour quelles fins ? Pour les fins d'une liberté dont il n'est ni idée ni exemple ' (p.95). Platon, Descartes, Malebranche, Leibniz, Dante, Rabelais et jusqu'à René Guénon et René Thom sont relus à la lumière vive d'une réflexion audacieuse, parfois exaltée, hardie dans sa formulation, qui ' des ruissellements (passe) au n?ud, des chemins au massif, et du plein à son conflit fondateur. ' (p.126). Plutôt qu'une pensée éthique, familière dans les parages actuels de la philosophie, nous allons, avec Pinchard, vers une pensée métamorphique, et nous entendons les inflexions d'un Orphée cosmographe. Suggérons les pages fulgurantes, au plus loin de toute lecture philosophante, de la première section :
' Solipsisme du Livre ' où Dante (à qui Pinchard a consacré un essai magistral Le Bûcher de Béatrice) est Le Livre, le nom et le don du Livre, par quoi chaque lecteur désigne et dissipe son origine.
Un livre qui se médite dans l'ordre même où il est écrit, pour reprendre Vico. Et c'est vertigineux.
(Sami El Hage)

Contraceptions mode d'emploi

Couverture non disponible
Wincker Martin
Ed. Au Diable Vauvert

Guide pratique de toutes les méthodes de contraception

Cette seconde édition de Contraceptions mode d'emploi est ma contribution de citoyen au partage et à la transmission des connaissances dans le domaine de la contraception. Elle explique en termes clairs, accessibles à tous, les liens entre contraception et sexualité et apporte les données les plus récentes sur tous les moyens de contraception disponibles en France. Elle a pour objectif de battre en brèche les idées reçues pour guider le choix de chacune et chacun. En matière de contraception, vous en savez moins que vous ne croyez, et ce que vous croyez savoir est souvent faux ou incomplet. Si la sexualité, c'est la vie, alors la contraception, c'est la liberté, et ce livre est fait pour vous libérer. M.W.


Martin Winckler est médecin et écrivain. Il a notamment publié La maladie de Sachs (POL, 1998) et Nous sommes tous des patients (Stock, 2000).

Lignes n°19 - février 2006. Le soulèvement des banlieues

Lignes n°19 - février 2006. Le soulèvement des banlieues
Collectif
Ed. Lignes

Méditations mythologiques est le prolongement et la condensation, le précipité épuré et apuré d'un livre-somme de Pinchard :

La Raison dédoublée. La fabbrica della mente (Aubier, 1992), où une critique mythologique de la raison, à travers le conflit entre la scolastique et l'humanisme italien, en s'appuyant sur l'?uvre de Giambattista Vico, était menée rigoureusement comme une enquête sur les pouvoirs géminatoires de l'esprit : le deux, la doublure, le ' aussi ', l'intervalle, l'analogie, la variation. Toute la Renaissance était traversée jusqu'à l'épistémologie de René Thom, qui signait une postface complice et aride au livre.
L'exercice de Méditations mythologiques, répondant aux méditations métaphysiques de Descartes, ausculté en profondeur par Pinchard, a pour fonction de ' saisir méthodiquement le sujet à son surgissement le plus libre et de lui montrer que, par un développement rigoureux de ses actes premiers, il engendre une mythologisation générale de l'existence ' (p.19). Il s'agit d'un acte à la fois de fondation et de transformation où la pensée se mesure à l'infini et non à sa finitude. Elle est capable, par une sorte d'autarcie éprouvée, s'étendant à tout ce qui est, s'aliénant pour y jouer la possibilité de l'esprit, de construire et de concevoir des ' objets-limites ', expressions, figurations, plans de conscience, légendes mythes matière subtile, espace qualifié qui devient, avec ses enroulements, ses vibrations, ses résistances, ' étendue mythologique ' dont la méditation prend ' en toute chose le parti de l'âme. Pour quelles fins ? Pour les fins d'une liberté dont il n'est ni idée ni exemple ' (p.95). Platon, Descartes, Malebranche, Leibniz, Dante, Rabelais et jusqu'à René Guénon et René Thom sont relus à la lumière vive d'une réflexion audacieuse, parfois exaltée, hardie dans sa formulation, qui ' des ruissellements (passe) au n?ud, des chemins au massif, et du plein à son conflit fondateur. ' (p.126). Plutôt qu'une pensée éthique, familière dans les parages actuels de la philosophie, nous allons, avec Pinchard, vers une pensée métamorphique, et nous entendons les inflexions d'un Orphée cosmographe. Suggérons les pages fulgurantes, au plus loin de toute lecture philosophante, de la première section :
' Solipsisme du Livre ' où Dante (à qui Pinchard a consacré un essai magistral Le Bûcher de Béatrice) est Le Livre, le nom et le don du Livre, par quoi chaque lecteur désigne et dissipe son origine.
Un livre qui se médite dans l'ordre même où il est écrit, pour reprendre Vico. Et c'est vertigineux.
(Sami El Hage)

Les ambivalences de l'émancipation féminine

Couverture non disponible
Heinich Nathalie
Ed. Albin Michel

Les femmes entre Prince charmant et rêve d'indépendance

Rassemblant des textes destinés pour la plupart à une publication ou un colloque, l'ouvrage de la sociologue Nathalie Heinich s'articule autour d'un constat central : l'évolution du statut de la femme dans nos sociétés et ses conquêtes successives sont traversées de contradictions. L'émancipation à laquelle les femmes aspirent depuis trois générations est aussi redoutée par elles. En un laps de temps très court, les rôles sexuels ont subi une redéfinition souvent critique. Ce bouleversement n'a pu se faire sans retours en arrière. Au-delà des ambivalences inhérentes au combat des femmes, un nouveau modèle identitaire émerge : celui de la femme « non liée », qui concilie indépendance économique et vie sexuelle et sociale. Pour étayer ses thèses, Nathalie Heinich s'attaque à la fiction romanesque, qui constitue pour elle un moyen de comprendre les tensions et les contradictions de l'accession des femmes à une identité propre. Une analyse de l'actualité politique montre également que certains points sensibles du débat féministe trouvent une résonance dans des contradictions proprement politiques ? débat sur la parité électorale, la féminisation systématique des noms de métier, etc.
Reconnaître et comprendre ces contradictions permettrait alors de reconstruire des positions plus cohérentes et plus lucides.

Rue Descartes n°50 - L'écriture des philosophes

Rue Descartes n°50 - L'écriture des philosophes
revue
Ed. Puf

Méditations mythologiques est le prolongement et la condensation, le précipité épuré et apuré d'un livre-somme de Pinchard :

La Raison dédoublée. La fabbrica della mente (Aubier, 1992), où une critique mythologique de la raison, à travers le conflit entre la scolastique et l'humanisme italien, en s'appuyant sur l'?uvre de Giambattista Vico, était menée rigoureusement comme une enquête sur les pouvoirs géminatoires de l'esprit : le deux, la doublure, le ' aussi ', l'intervalle, l'analogie, la variation. Toute la Renaissance était traversée jusqu'à l'épistémologie de René Thom, qui signait une postface complice et aride au livre.
L'exercice de Méditations mythologiques, répondant aux méditations métaphysiques de Descartes, ausculté en profondeur par Pinchard, a pour fonction de ' saisir méthodiquement le sujet à son surgissement le plus libre et de lui montrer que, par un développement rigoureux de ses actes premiers, il engendre une mythologisation générale de l'existence ' (p.19). Il s'agit d'un acte à la fois de fondation et de transformation où la pensée se mesure à l'infini et non à sa finitude. Elle est capable, par une sorte d'autarcie éprouvée, s'étendant à tout ce qui est, s'aliénant pour y jouer la possibilité de l'esprit, de construire et de concevoir des ' objets-limites ', expressions, figurations, plans de conscience, légendes mythes matière subtile, espace qualifié qui devient, avec ses enroulements, ses vibrations, ses résistances, ' étendue mythologique ' dont la méditation prend ' en toute chose le parti de l'âme. Pour quelles fins ? Pour les fins d'une liberté dont il n'est ni idée ni exemple ' (p.95). Platon, Descartes, Malebranche, Leibniz, Dante, Rabelais et jusqu'à René Guénon et René Thom sont relus à la lumière vive d'une réflexion audacieuse, parfois exaltée, hardie dans sa formulation, qui ' des ruissellements (passe) au n?ud, des chemins au massif, et du plein à son conflit fondateur. ' (p.126). Plutôt qu'une pensée éthique, familière dans les parages actuels de la philosophie, nous allons, avec Pinchard, vers une pensée métamorphique, et nous entendons les inflexions d'un Orphée cosmographe. Suggérons les pages fulgurantes, au plus loin de toute lecture philosophante, de la première section :
' Solipsisme du Livre ' où Dante (à qui Pinchard a consacré un essai magistral Le Bûcher de Béatrice) est Le Livre, le nom et le don du Livre, par quoi chaque lecteur désigne et dissipe son origine.
Un livre qui se médite dans l'ordre même où il est écrit, pour reprendre Vico. Et c'est vertigineux.
(Sami El Hage)

Comment Hitchcock m'a guéri

Couverture non disponible
Tisseron Serge
Ed. Albin Michel

Si j'ai choisi de parler à la première personne de mon cheminement, c'est d'abord pour sensibiliser le lecteur à l'importance des images pour notre vie intérieure. Des images, c'est-à-dire aussi bien de celles qui nourrissent nos rêveries intimes que de celles dont notre environnement quotidien se remplit chaque jour un peu plus. S.T.

Serge Tisseron nous invite à une exploration de nos images intérieures, au terme de laquelle se révèle notre propre histoire. Loin de la description d'un cas clinique ou de l'artifice romanesque, ce récit à la première personne entraîne le lecteur à la découverte des images qui ont sauvé la vie à l'auteur de la Psychanalyse de la bande dessinée (rééd. Flammarion, 2000) : les films d'Alfred Hitchcock. Ce livre est aussi un hommage au psychanalyste Didier Anzieu, qui a guidé l'auteur dans sa plongée à l'intérieur de soi.

La rime et la vie

La rime et la vie
Meschonnic Henri
Ed. Folio essais/Gallimard

Ce livre est l'exercice d'une écoute du langage et, à travers de nombreux exemples, d'une écoute de la modernité. En effet, contre le dualisme de l'écrit et de l'oral, l'oralité est redéfinie comme le primat du rythme et de la prosodie dans le mode de signifier; ainsi, elle ouvre à une critique de la littérature et des sciences humaines.
Critique du signe, critique du sens, la poétique est nécessairement une critique de la philosophie - du langage de la philosophie et de la philosophie du langage.
La mise en rapport des deux termes, la rime, la vie, montre dans les représentations communes du langage un modèle culturel poétiquement et politiquement néfaste, celui qui dissocie l'esthétique, l'éthique et le politique - cette rationalité des Lumières dont toute la modernité a été la critique.
Restituer l'historicité radicale du langage fait plus que reconnaître ce qu'il y a de vie dans la rime, et de rime dans la vie; cela montre, par leur mutuelle nécessité, ce qu'il en coûte d'oublier l'un des deux termes, non pas aux poètes seulement, mais à la collectivité.
L'écoute du langage a l'oreille sur l'avenir.
Présentation de l'éditeur

Notre objet a

Couverture non disponible
Regnault François
Ed. Verdier/Philia

Lecture lacanienne de la question juive

La question juive ? ce qu'on appelle ainsi ? tout le monde en parle. L'opinion pense spontanément qu'elle peut être abordée par les moyens de l'histoire, ou de la politique, ou de l'économie (Marx). Parfois de la théologie, moins souvent de la philosophie (Sartre). L'auteur ne s'est autorisé que de Lacan pour la traiter ? au sens analytique. En vérité, il ne s'agit pas de psychanalyse appliquée à la question juive, mais de l'utilisation d'une écriture de Lacan, celle du fantasme. Quelques Axiomes, une proposition. En cela réside son originalité, et, du même coup, sa rigueur, contrainte, ses limites, revendiquées. L'auteur, autrement dit, entend ainsi déjouer l'opinion.
La question juive, tout le monde en parle, mais pas partout. Il est des lieux où elle ne fait peut-être pas question, sauf par emprunt aux lieux où elle fit, fait, fera question. L'ensemble des lieux où elle fait question, l'auteur l'appelle Occident. Ce terme hautement équivoque reçoit ici une salutaire univocité.
L'exercice fut écrit en 1979. S'il est d'actualité ? et il l'est ? ce n'est par la grâce d'aucun prophétisme, encore moins par l'effet d'aucune pitié ni d'aucune passion triste. D'un désir, tout au plus.
Un avant-propos situe l'auteur par rapport à la question.

Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie
Diamond Jared
Ed. Gallimard/Nrf essais

C'est un signe des temps. Il n'y a guère, dans l'euphorie du développement, Fernand Braudel proposait une Grammaire des civilisations, étude des évolutions lentes mais imperceptibles exercées sans fin «par les contraintes des espaces, des hiérarchies sociales, des 'psychés' collectives, des nécessités économiques». Aujourd'hui, devant l'urgence des problèmes climatiques, écologiques et de renouvellement des ressources, Jared Diamond définit une syntaxe, nerveuse, perceptible, des sociétés à partir de la relation de leurs valeurs et besoins aux possibilités du milieu. Il la conjugue à tous les temps : au passé, au présent comme au futur.

Car la question : «Comment des sociétés ont-elles disparu dans le passé ?» peut aussi se formuler : «Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l'augmentation des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés contemporaines pourront-elles survivre demain ?»

La réponse se formule à partir d'un tour du monde dans l'espace et dans le temps - depuis les sociétés disparues du passé (les îles de Pâques, de Pitcairn et d'Henderson ; les Indiens mimbres et anasazis du sud-ouest des États-Unis ; les sociétés moche et inca ; les colonies vikings du Groenland) aux sociétés fragilisées d'aujourd'hui (Rwanda, Haïti et Saint-Domingue, la Chine, le Montana et l'Australie) en passant par les sociétés qui surent, à un moment donné, enrayer leur effondrement (la Nouvelle-Guinée, Tikopia et le Japon de l'ère Tokugawa).

De cette étude comparée, et sans pareille, Jared Diamond conclut qu'il n'existe aucun cas dans lequel l'effondrement d'une société ne serait attribuable qu'aux seuls dommages écologiques. Plusieurs facteurs, au nombre de cinq, entrent toujours potentiellement en jeu : des dommages environnementaux ; un changement climatique ; des voisins hostiles ; des rapports de dépendance avec des partenaires commerciaux ; les réponses apportées par une société, selon ses valeurs propres, à ces problèmes.

Cette complexité des facteurs permet de croire qu'il n'y a rien d'inéluctable aujourd'hui dans la course accélérée à la dégradation globalisée de l'environnement. Une dernière partie recense, pour le lecteur citoyen et consommateur, à partir d'exemples de mobilisations réussies, les voies par lesquelles il peut d'ores et déjà peser afin que, dans un avenir que nous écrirons tous, le monde soit durable et moins inéquitable aux pauvres et démunis.
Présentation de l'éditeur