Galanterie française

Galanterie française
Habib Claude
Ed. Gallimard

Pourquoi la galanterie s'est-elle développée en France ? D'autres sociétés (comme la Chine ou le Japon) ont élaboré une politesse complexe, la France est la seule nation qui a étendu au sexe faible les règles de la civilité. Pourquoi cette inclusion des femmes ? C'est au XVIIe siècle que cette mutation s'est produite, quand l'idéal du galant homme s'est superposé à la figure de l'honnête homme. Dans le monde qui croyait à la galanterie, les femmes furent réellement plus libres de leurs mouvements, de leurs fréquentations, de leur conduite. Ce changement s'accompagna de leur influence croissante dans la vie culturelle et politique. Louis XIV joua personnellement un rôle dans l'établissement des nouveaux usages. Quel intérêt politique y trouvait-il ? Pourquoi la monarchie absolutiste a-t-elle éprouvé le besoin de célébrer conjointement la prééminence du féminin et le triomphe de l'amour ?

Ces questions ne sont pas inspirées par la pure curiosité historique : la mixité d'Ancien Régime est un étrange miroir de la mixité contemporaine. Elle montre ce qui n'est plus. Or la solution française avait pour elle un mérite : celui de promouvoir une mixité érotisée. C'est pourquoi, aujourd'hui, la galanterie ouvre une tierce voie. Elle s'oppose à la relégation des femmes, que veulent propager les islamistes radicaux. Elle s'oppose non moins à la désérotisation qu'impose la «société des individus», comme si la disparition du féminin devait être la rançon de l'entrée des femmes dans la vie publique ou professionnelle. En effet, les sociétés démocratiques, parce qu'elles font de la différence des sexes une question purement privée, tendent à assourdir le thème érotique, à l'effacer du monde commun, et la désérotisation des individus va de pair avec la santé de l'industrie pornographique.

Proscrit, invisible et, pire encore, démodé, le thème galant n'a pourtant pas entièrement disparu. Du compliment à la plaisanterie légère, il continue de hanter la mixité moderne.
Présentation de l'éditeur

Lendemains de guerre en Afghanistan et en Irak

Couverture non disponible
Nivat Anne
Ed. Fayard

Lendemains de guerre n'est pas une nouvelle analyse géopolitique de la situation 'post-onze septembre' en Afghanistan et en Irak. Ce n'est pas non plus un pamphlet anti-américain. Ce livre est un long 'grand reportage' dans le style qui n'a cessé d'être le mien depuis que je me suis intéressée au journalisme. J'ai interrogé des centaines de gens qui vivent sur place, aiment leur terre, tâchent de continuer à y vivre malgré le chaos régnant depuis les interventions militaires. J'ai vécu parmi eux, me suis habillée comme eux, ai partagé leur logis et leurs repas.
J'ai avant tout voulu donner la parole à celles et à ceux qui ne l'ont jamais. A.N.


Le livre des courtisanes. Archives secrètes de la police des moeurs (1861-1876)

Le livre des courtisanes. Archives secrètes de la police des moeurs (1861-1876)
Houbre (présentation) Gabrielle
Ed. Tallandier

« M. Henri Ducasse, député, a dit qu'il allait cesser ses relations avec Sarah Bernhardt attendu qu'il l'avait surprise avec le comte de Rémusat, son collègue à l'assemblée (...). Il a ajouté qu'il ne comprenait pas comment cette actrice consentait à recevoir des hommes aussi âgés. Il est bon de remarquer que M. Ducasse est lui-même très âgé, et de plus infirme (...). »

Les archives de la préfecture de police recèlent un trésor inexploité : le registre BB/1 des femmes soupçonnées de prostitution clandestine, fichées par les agents des moeurs dans les années 1860-1870. Cette collection de rapports dévoile l'identité des clients et constitue de ce fait un redoutable instrument de surveillance du Tout-Paris politique, financier et mondain. Plus de 400 « cocottes », ou prétendues telles, y figurent, parfois accompagnées de leur photographie. Se distinguent des étoiles du demi-monde à l'image de Félicie Marmier, élève de la Légion d'honneur, nièce de général et d'académicien, qui compte parmi ses amants marquis, comtes, ducs et princes du Gotha. D'autres connaissent une destinée moins brillante comme Louise Fasquelle, malheureuse syphilitique « qui n'est plus reçue nulle part ». Cette source, bien plus qu'un répertoire pittoresque et grivois de la prostitution huppée, éclaire les coulisses du Second Empire et des premières années de la Troisième République. Gabrielle Houbre, spécialiste d'histoire sociale et culturelle du XIXe siècle, met au jour avec ce registre les mécanismes érotiques et mercantiles à l'oeuvre dans cette société. Qui sont ces courtisanes ? Qui sont leurs clients ? Comment vivent-elles ? Derrière l'éclat apparent et éphémère de vies soumises aux caprices de la fortune, on mesure la somme d'exploitations et de contraintes ; pour autant, se lit aussi la capacité à subvertir les règles du jeu vénal au profit d'une possible liberté.
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Histoire de la beauté. Le corps et l'art d'embellir de la Renaissance à nos jours

Couverture non disponible
Vigarello Georges
Ed. Seuil/L'univers historique

Les canons de la beauté ont varié selon les époques : ce sont leurs transformations que restitue ce livre. Cette histoire décrit ce qui plaît ou ne plaît pas du corps dans une culture et dans un temps : allures et traits valorisés, contours soulignés ou dépréciés, moyens d'embellissement repensés. L'imaginaire y prend une large part au même titre que les valeurs d'une époque.
La beauté n'a cessé de distinguer des individus ; en même temps, elle traduit les oppositions entre les groupes sociaux, les genres, les générations. Objet inquiet ou glorieux du miroir, elle est elle-même miroir des sociétés.
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L'ours. Histoire d'un roi déchu

L'ours. Histoire d'un roi déchu
Pastoureau Michel
Ed. Seuil/La librairie du XXIe siècle

Longtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent ou un ancêtre de l'homme. Les cultes dont il a fait l'objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l'imaginaire et les mythologies jusqu'au coeur du Moyen Age chrétien. De bonne heure l'Eglise chercha à les éradiquer. Prélats et théologiens étaient effrayés par la force brutale du fauve, par la fascination qu'il exerçait sur les rois et les chasseurs et surtout par une croyance, largement répandue, selon laquelle l'ours mâle était sexuellement attiré par les jeunes femmes. Il les enlevait et les violait. De ces unions naissaient des êtres mi-hommes mi-ours, tous guerriers invincibles, fondateurs de dynasties ou ancêtres totémiques.
Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l'Eglise contre l'ours pendant près d'un millénaire : massacres de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promotion du lion sur le trône animal. Mais l'auteur ne s'arrête pas à la fin du Moyen Age. Inscrivant l'histoire culturelle de l'ours dans la longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu'à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale.
Le livre se termine ainsi par l'étonnante histoire de l'ours en peluche, dernier écho d'une relation passionnelle venue du fond des âges : de même que l'homme du Paléolithique partageait parfois ses peurs et ses cavernes avec l'ours, de même l'enfant du XXIe siècle partage encore ses frayeurs et son lit avec un ourson, son double, son ange gardien, peut-être son premier dieu.
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Le Petit Mourre. Dictionnaire d'histoire universelle

Couverture non disponible
Mourre Michel
Ed. Bordas

Le Petit Mourre en édition brochée... et moins chère

Cette édition de poche propose l'intégralité des 5.800 articles du Petit Mourre et récapitule l'histoire mondiale, des origines de l'homme à nos jours. Les articles ont été entièrement mis à jour et complétés en 2004.
Un ouvrage de référence qui donne les clés du passé pour comprendre le monde contemporain.

Le dossier de l'Affaire des Templiers

Le dossier de l'Affaire des Templiers
Ed. Belles Lettres

Réédition de 1923 !

Choix de documents historiques et juridiques relatifs au procès des Templiers au début du 14e siècle - version français-latin.

Lettre de Tchétchénie

Couverture non disponible
Philippe Bohelay & Olivier Daubard
Ed. Bleu autour/d'un regard l'autre

Fin 2002, Philippe Bohelay, qui connaît bien la Russie et le Caucase, et le photographe Olivier Daubard prennent à Moscou le train pour les camps de réfugiés tchétchènes en Ingouchie. De leur séjour, ils ont rapporté, l'un des clichés en noir et blanc,
l'autre une lettre prêtée à Ramzan, jeune kamikaze en puissance. ' Il est une voix, une image de synthèse. Les événements qu'il raconte se sont réellement produits ' : le pétrole qui pollue tout, les cadavres qui hantent, l'armée russe qui terrorise, les tortures avant les disparitions, parfois un geste de tendresse. ' À travers Ramzan, nous avons approché cette énergie qui portait ces jeunes à rejoindre la guérilla armée, cette fascination pour la mort héroïque qui les gagnait peu à peu. ' À moins qu'il ne s'agisse de ' ce Mal qui naît si souvent sur l'écume de la bave de l'ange qui combat le dragon '... Car Philippe Bohelay ne cède pas au manichéisme. Ni dans la lettre de Ramzan ni dans son récit des voyages aller et retour, occasions de rencontres, de rappels historiques et de pensées, sombres, sur le jeu trouble des chefs tchétchènes et des oligarques, sur la Russie qui se suicide en Tchétchénie. Restent les visages et les paysages gris et blancs saisis dans ces camps qui se vident à présent de gré ou de force.
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Les Mayas

Les Mayas
Demaret Arthur
Ed. Tallandier

Dans l'océan de la jungle gisent les ruines affaissées de palais magnifiques, de temples élevés, de monuments admirables. Qui étaient les Mayas, ce peuple bâtisseur ? Pourquoi leurs grandes cités de la forêt furent-elles abandonnées, il y a plus d'un millénaire ? Ces questions ont préoccupé les savants et le public depuis deux siècles, donnant lieu à autant de révélations que de réponses erronées. Arthur Demarest ressuscite ici la civilisation perdue des anciens Mayas. Il met en lumière, grâce aux acquis récents de l'archéologie, de la paléoécologie et de l'épigraphie, l'extraordinaire adaptation des Mayas à la forêt subtropicale humide, qui explique seule l'épanouissement de leur brillante civilisation dans un milieu difficile et fragile, et la spiritualité omniprésente qui imprégnait tous les aspects de leur vie quotidienne. Les cités-États des Mayas abritaient des populations nombreuses et des élites turbulentes, justifiant leur position par la guerre et les alliances, par les fêtes et les rites. Leur lutte incessante pour le prestige nous a légué un immense trésor d'édifices, de monuments, d'oeuvres d'art et de savoirs, qui nous fascine aujourd'hui encore. En explorant ces sociétés complexes et cette histoire versatile, l'auteur nous livre les clefs du prétendu «effondrement» maya.
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Les Arabes et l'appropriation de l'histoire

Couverture non disponible
Cheddadi Avdesselam
Ed. Sindbad/Actes Sud

Suivant un postulat quasi unanime, l'historiographie musulmane serait une création originale de l'islam des premiers siècles. On recherche ses origines en remontant au passé arabe préislamique, à la vision du monde élaborée par Muhammad et à un certain nombre de préoccupations politiques, ethniques et religieuses. Des éléments étrangers sont certes également considérés mais de manière secondaire, et surtout en termes d'influence et d'emprunt. Cette vision est étroitement liée à une thèse qui a été formulée avec le plus de force par Henri Pirenne dans Mahomet et Charlemagne, selon laquelle l'avènement de l'islam avait constitué une rupture irrévocable dans la civilisation méditerranéenne. L'enquête menée par l'historien marocain Abdesselam Cheddadi dans ce travail sur les débuts de l'historiographie musulmane s'inscrit dans un nouveau contexte de recherche. Au lieu de poser d'emblée une singularité radicale et une totale altérité de l'écriture de l'histoire avec l'apparition de l'islam, l'auteur explore l'hypothèse opposée, celle d'une continuité avec la tradition de l'Antiquité tardive, en se demandant en quoi l'islam a modifié cette tradition ou innové par rapport à elle.
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