Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques, et autres mécréants

Dictionnaire des athées, agnostiques, sceptiques, et autres mécréants
Minois George
Ed. Albin Michel

« Il y a plusieurs façons de ne croire en aucun dieu. On peut douter de tous, juger que la question de leur existence est indécidable, ou encore affirmer leur inexistence. Cela définit trois positions différentes : le scepticisme, l'agnosticisme, l'athéisme. Ce qui les rapproche ? De n'être pas religieuses. À la question 'Croyez-vous en Dieu ?', les partisans de l'un ou l'autre de ces trois courants peuvent en effet, en toute rigueur, apporter la même réponse : 'Non.' C'est ce qui justifie que Georges Minois ait pu les rassembler dans un même et remarquable dictionnaire : tous sont des mécréants, si l'on entend par là, conformément à l'usage, quelqu'un qui ne croit pas en Dieu.& L'athéisme n'est pas une doctrine. On serait bien en peine de trouver une seule thèse positive qui soit commune à tous ses partisans, ou même à la plupart d'entre eux. C'est qu'ils ne s'accordent que sur ce qu'ils refusent. Ils n'ont en commun qu'une seule thèse, purement négative, que leur nom résume (athéos : 'sans Dieu') et qui suffit à les définir : ils pensent que Dieu, ou les dieux, n'existent pas. Pourquoi ? Comment ? Avec quels arguments ? Contre quels adversaires ? C'est ce que ce monumental dictionnaire - d'autant plus impressionnant qu'il est l'oeuvre d'un seul auteur - permet d'explorer. C'est un travail considérable, qui vient à son heure. Il était urgent, face à ce qu'on appelle parfois le 'retour du religieux' et qui prend trop souvent la forme d'une montée des fanatismes, de faire entendre d'autres voix, qui sont de liberté, de lucidité, de révolte et d'incroyance. »&  André Comte-Sponville

Référence et autoréférence. Etude sur la mort de la philosophie dans la pensée contemporaine

Référence et autoréférence. Etude sur la mort de la philosophie dans la pensée contemporaine<br />
Thomas-Fogiel Isabelle
Ed. Laffont

La présente étude se propose d'analyser, de mettre en cause, puis en perspective, le thème reçu de la fin de la philosophie. Analyser le motif, en développant ses diverses variantes (post-analytique, phénoménologique, etc.). Le mettre en cause, à la lumière d'une conception de la signification philosophique qui aille au delà des paradoxes de l'énonciation qui y sont attachés. Le mettre en perspective, en retournant à la source historique de ces paradoxes dont la racine est commune : une « course à la référence » au détriment d'une théorie minimale de l'auto-référence. Au total, fournir un modèle qui mène vers la fin de la fin de la philosophie, c'est-à-dire vers la vie toujours recommencée.
Présentation de l'éditeur

Le ferment et la grâce. Une ethnographie du sacré chez les Druzes d'Israël

Le ferment et la grâce. Une ethnographie du sacré chez les Druzes d'Israël
Armanet Eléonore
Ed. PUM

Fruit d'un long travail de terrain en Israël, cet ouvrage pionnier donne à comprendre le monde largement méconnu des Druzes. Faisant la part belle au sensible et à la sensorialité, Éléonore Armanet restitue le quotidien de la communauté où elle s'est immergée durant près de trois ans.

À travers les gestes, les attitudes et les paroles, elle met en évidence ce qui relève d'une poétique radicale : le lien du corps - et singulièrement du corps maternel - au sacré. Dans le monde druze, la vie éclôt comme une émanation des origines ; mise à l'abri comme peut l'être le ferment qui fera lever le pain, elle est promesse de grâce, de plénitude en devenir. Renouvelant la connaissance de la société druze, ce livre offre une contribution originale à la réflexion anthropologique encore balbutiante sur « la part féminine du religieux » (Vassas 2001) dans les monothéismes méditerranéens. Proposant des pistes novatrices pour l'approche comparative des trois religions abrahamiques, l'ouvrage s'adresse aux étudiants et aux chercheurs en anthropologie et en sciences des religions, mais aussi à tous les lecteurs curieux de découvrir une culture appréhendée dans son intimité.

Essais V. Descartes, Leibniz, Kant

Essais V. Descartes, Leibniz, Kant<br />
Bouveresse Jacques
Ed. Philippe Rey

LES GRANDS PHILOSOPHES de la tradition sont sus
ceptibles de parler immédiatement à des gens qui ignorent pratiquement tout de l'époque et du contexte. Que Descartes, Leibniz ou Kant puissent être traités spontanément comme des contemporains est une sorte de fait premier dont toute histoire de la philosophie doit tenir compte. Même si cela peut sembler la conséquence d'une forme de naïveté un peu ridicule aux yeux de l'historien averti, ce qu'il y a au début n'est sûrement pas l'incommensurabilité ou la distance infranchissable qui sont censées nous séparer de certains de nos ancêtres philosophiques.
Un certain anachronisme conscient et raisonné semble être un élément constitutif de la tentative que nous faisons pour instaurer une sorte de dialogue imaginaire avec nos grands prédécesseurs: nous les traitons comme les partenaires d'une conversation dans laquelle nous considérons que nous devrions pouvoir les persuader que nous avons clarifié certaines de leurs idées, remédié à certaines insuffisances de leurs théories, amélioré certaines de leurs méthodes et peut-être résolu mieux qu'eux certains de leurs problèmes.

Ce cinquième volume des Essais de Jacques Bouveresse est l'hommage d'un philosophe rationaliste d'aujourd'hui à trois grandes figures du rationalisme classique. S'appuyant sur Frege, Gödel et quelques autres modernes, il examine et discute leurs conceptions de la raison et de la vérité, de la logique et des mathématiques, du possible, de la contingence et de la liberté, ou encore des relations entre le corps et l'esprit.
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Arabesques. L'aventure de la langue arabe en Occident

Arabesques. L'aventure de la langue arabe en Occident<br />
Henriette Walter & Bassam Baraké
Ed. Marabout

L'arabe et le français...

Lointaines par leurs origines, ces deux langues se sont croisées et influencées depuis près d'un millénaire.

Connaissez-vous le nom par lequel les Arabes désignent nos chiffres « arabes » ?

Croyez-vous que les Mille et Une Nuits ont vraiment duré 1001 nuits ?

Vous doutiez-vous que les textes des savants grecs n'ont pu nous être transmis que grâce à des traductions arabes des manuscrits originaux ?

Saviez-vous qu'il y a des centaines de mots français en arabe, tout comme il y a des centaines de mots arabes en français ?

Vous trouverez des réponses à ces questions et bien d'autres informations érudites ou distrayantes, mêlées d'anecdotes littéraires et historiques, dans le livre d'Henriette Walter et de Bassam Baraké.

Entre exposés savants et jeux linguistiques, c'est un peu la longue histoire des rencontres de l'Orient et de l'Occident que cet ouvrage retrace en filigrane et par touches successives. Une façon unique de s'instruire en s'amusant.
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La souveraineté

La souveraineté
Bataille Georges
Ed. Nouvelles éditions Lignes

La Souveraineté est l'un des livres les plus importants de Georges Bataille, en même temps que l'un des moins connus. Il devait tenir lieu de tome II de l'ensemble regroupé par lui sous le titre de La Part maudite (le troisième et dernier tome étant L'Érotisme). Abandonné, bien que presque achevé, il n'a jamais fait l'objet d'une publication séparée.

La Souveraineté est aussi l'un de ses projets les plus ambitieux, dans lequel il oppose sa conception de la souveraineté - soit «l'emploi des ressources à des fins improductives» - aux conceptions passées (religieuses) et récentes (le communisme) de la souveraineté.

«Bien entendu la souveraineté [...] ne peut être donnée pour le but de l'histoire. Je représente même le contraire : que si l'histoire a quelque but, la souveraineté ne peut pas l'être.»

«Le monde souverain a sans doute une odeur de mort, mais c'est pour l'homme subordonné ; pour l'homme souverain, c'est le mode de la pratique qui sent mauvais ; s'il ne sent pas la mort, il sent l'angoisse, la foule y sue d'angoisse devant des ombres, la mort y subsiste à l'état rentré, mais elle l'emplit.»

Un monde de fous. Comment notre société maltraite ses malades mentaux

Un monde de fous. Comment notre société maltraite ses malades mentaux<br />
Coupechoux Patrick
Ed. Temps qu\\'il fait

Le fou est l'exclu par excellence. Gênant pour le bon fonctionnement social, perturbant pour notre vision de la norme, le fou fait peur. Exilé... Enfermé... Pourtant, il appartient à l'humanité et l'interroge. Humain, si humain...

Regards sur l'histoire, regards d'aujourd'hui... Comment notre époque fait-elle face au problème de la maladie mentale ?

Quelles sont les finalités de la psychiatrie ?
Quelles sont ses missions ?
Quelle est la vision que nous avons aujourd'hui de la maladie mentale ?
Quels sont ses rapports avec la société ?
Les profondes mutations et les importantes remises en cause du système psychiatrique français donnent lieu aujourd'hui à un vif débat.

Des reportages de terrain, auprès des principaux acteurs du milieu psychiatrique et auprès des malades, au sein des familles, dans les hôpitaux et les institutions, mais aussi dans la rue et les prisons...

Au-delà des témoignages qui rendent compte de la diversité des points de vue, il s'agit bel et bien d'un voyage dans un univers touchant, car humain, que nous propose Patrick Coupechoux. Il s'agit enfin d'un regard sur la façon dont notre société entend aborder le problème de la maladie mentale.
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La construction humaine de l'islam. Entretiens avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel

La construction humaine de l'islam. Entretiens avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel
Arkoun Mohammed
Ed. Albin Michel

Penseur érudit et engagé, l'islamologue Mohammed Arkoun est connu pour ses remarquables travaux d'anthropologie de l'islam et ses combats contre toutes les formes d'intégrisme.

De ces entretiens, menés peu de temps avant sa mort avec Rachid Benzine et Jean-Louis Schlegel, se dégage un itinéraire humain et intellectuel d'exception, celui qui l'a conduit d'un petit village de Kabylie à la chaire d'« Histoire de la pensée islamique » à la Sorbonne, où il enseigna pendant plus de vingt ans. Ces échanges nous permettent de prendre la mesure de la lutte que ce grand savant a menée contre ce qu'il nommait « l'ignorance institutionnalisée », cause de l'antagonisme entre Islam et Occident.

L'originalité de son travail d'analyse du discours coranique et de sa lecture critique de la tradition montre que Mohammed Arkoun ne se contentait pas de l'histoire reçue des idées, comme l'illustre sa réflexion, tout à fait neuve, sur la célèbre sourate 9, qui pose la question de l'extension de l'alliance de Dieu avec les autres peuples et de l'énonciation d'une norme juridique.

Avec ses informations inédites et sa science alertement exposée, ce livre rend justice à Mohammed Arkoun, inlassable veilleur d'un islam humaniste.

Idées noires et tentatives de suicide. Réagir et faire face

Idées noires et tentatives de suicide. Réagir et faire face<br />
Granier Emmanuel
Ed. Naïve

Le désir de mort ou la tentative de suicide d'un proche est souvent pour nous une expérience extrêmement douloureuse. Notre incompréhension se double alors d'un sentiment d'impuissance et de désarroi.

Psychiatre en unité d'urgence, Emmanuel Granier s'appuie sur ses nombreuses années de pratique au contact de personnes suicidaires. Il apporte dans cet ouvrage des réponses concrètes sur l'attitude à adopter et les actions à entreprendre.

Comprendre. Qu'est-ce qui pousse à vouloir mourir ?

Dialoguer. Quelle attitude avoir avec quelqu'un en proie à des idées ou à des gestes suicidaires ?

Soutenir. Comment décider la personne en crise à s'engager dans des soins ? Comment la soutenir dans l'après-tentative ?
Parler, s'engager, accompagner... Et ne jamais baisser les bras : l'envie de vivre est toujours plus proche qu'on le croit.
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L'homme jetable. Essai sur l'exterminisme et la violence extrême

L'homme jetable. Essai sur l'exterminisme et la violence extrême
Ogilvie Bertrand
Ed. Amsterdam

L'époque moderne, qui s'est ouverte avec les révolutions industrielles et l'universalisation du salariat, a engendré de nouvelles formes de violence. Parallèlement aux formes classiques de l'affrontement, de la guerre, du massacre, sont apparues des violences structurelles liées à la réorganisation économique et politique de la vie des êtres humains. Un mouvement d'exterminisme généralisé se fait jour, qui instrumentalise et institutionnalise les catastrophes naturelles, et qui organise l'utilisation et la consommation intégrale des forces de travail, la mise à mort de populations entières. Les exterminations des Arméniens, des Juifs, des Tsiganes, et la perspective d'une autodestruction de l'humanité (avec Hiroshima, le développement d'armes chimiques et les atteintes irréversibles portées à la biosphère) apparaissent ainsi comme des symptômes majeurs du XXe siècle, qu'aucune réflexion philosophique ne devrait négliger.

Désormais, la violence ne s'intéresse plus seulement aux comportements des êtres ou à leurs représentations, mais à leur statut même de vivants, à leur simple présence. Il ne s'agit ainsi plus simplement de cynisme et d'absence de préoccupation de l'avenir de la part des pouvoirs : ces formes nouvelles de violence entraînent une chosification systématique des êtres. La violence moderne est une violence naturalisée, rendue irreprésentable, réduite à une simple « gestion ». L'être humain n'est plus seulement superflu ou surnuméraire. Confronté pour la première fois dans l'histoire à la transposition dans le champ politique de l'irreprésentable du réel, à des formes de violences qui tentent de s'imposer comme l'expression d'une nature inéluctable, il est devenu « jetable ».