« Dans ce livre, il est question d'une vie brève. Pas de celle d'un inconnu choisi au hasard, parce que j'aurais vu sa photo, son sourire, dans un vieux journal, mais de celle de mon père, Maurice Audin.
Peut-être avez-vous déjà croisé son nom. Peut-être avez-vous entendu parler de ce que l'on a appelé 'l'affaire Audin'.
Ou peut-être pas.
Je le dis d'emblée, ni le martyr, ni sa mort, ni sa disparition ne sont le sujet de ce, livre.
C'est au contraire de la vie, de sa vie, dont toutes les traces n'ont pas disparu, que j entends vous parler ici. »
Cet hiver, la pluie tombe du ciel. Tous les jours. Parfois le matin, souvent l'après-midi. La nuit aussi. La Seine commence à monter, elle grossit, elle gonfle vers ses berges, elle se soulève entre ses quais. Elle enfle sous les ponts tandis que les travaux du chantier ouvrent des tranchées de boue. Les engins s'enfoncent. Ils creusent. Ils descendent. Ils abaissent le sol des Halles.
Pourtant, dès que la chaleur d'une petite flamme se dresse dans la cheminée, sa lueur éclaire le foyer. Aussitôt, il faut descendre chercher du bois en ville pour entretenir le feu. Pour qu'il dure. Pour qu'un peu de fumée claire s'élance vers le conduit. Et monte vers le ciel.
Un jour, je me suis réveillé avec une inexplicable douleur dans le dos.
Je pensais que cela passerait, mais non.
J'ai tout essayé...
J'ai été tour à tour inquiet, désespéré, tenté par le paranormal.
Ma vie a commencé à partir dans tous les sens.
J'ai eu des problèmes au travail, dans mon couple, avec mes parents, avec mes enfants.
Je ne savais plus que faire pour aller mieux...
Et puis, j'ai fini par comprendre.
Un festival culturel rassemble pendant huit jours en Inde quatre Français, deux hommes et deux femmes, qui ne se connaissent pas. Une surprise attend chacun d'eux et les confronte avec leur passé. Cette semaine bouleverse leur vie.
De Delhi à Kovalam, dans le Sud, ils voyagent dans une Inde sur le qui-vive où, juste un an après les attentats de Bombay, se fait partout sentir la menace terroriste. Une Inde où leur jeune accompagnateur indien déclare ouvertement sa haine des États-Unis. Une Inde où n'ont pas cours la légèreté et la raison françaises, où la chaleur exacerbe les sentiments, où le ciel avant l'orage est couleur indigo.
Tout en enchaînant les événements selon une mécanique narrative précise et efficace, ce nouveau roman de Catherine Cusset nous fait découvrir une humanité complexe, tourmentée, captivante.
«Et il lui vint une étrange idée : n'était-ce pas une chance, finalement, que le hasard les ait fait se rencontrer. Peu importaient les circonstances, peu importait qu'ils soient tous les deux embarqués dans une histoire dont ils étaient les victimes, ils étaient ensemble et cela lui suffisait.»
Un bateau de croisière remonte le Mékong, du Vietnam au Cambodge. Deux touristes ont filé en douce, un homme et une femme, laissant derrière eux leurs conjoints respectifs. Sans explication. Commence alors, pour les deux «rescapés», le plus bouleversant des voyages. Abandonnés, ils s'abandonnent à leur tour - aux aveux et aux gestes. Effondrement, admiration inavouable pour ceux qui ont «osé» partir, complicité presque euphorique, solidarité, attirance...
Catherine Guillebaud excelle plus que jamais dans ce délicat nuancier de sentiments où se dessine une rencontre, entre deux consciences désemparées et étonnamment lucides.
Pour quelqu'un de ma génération, né après la Seconde Guerre mondiale et désireux de savoir comment il se serait comporté en de telles circonstances, il n'existe pas d'autre solution que de voyager dans le temps et de vivre soi-même à cette époque.
Je me propose donc ici, en reconstituant en détail l'existence qui aurait été la mienne si j'étais né trente ans plus tôt, d'examiner les choix auxquels j'aurais été confronté, les décisions que j'aurais dû prendre, les erreurs que j'aurais commises et le destin qui aurait été le mien.
Le narrateur reçoit un jour un appel téléphonique de Fedora, l'amour de sa vie : elle sort d'une prison italienne après vingt années d'incarcération pour terrorisme. Le parfum des gaz lacrymogènes lui revient en un flash-back fulgurant. Elevé avec Fedora dans une communauté libertaire de Montrouge, il a traversé tous les combats contestataires des années 1970, protégé par une bande de malfrats dont un ami d'enfance est devenu le chef. D'abord trotskiste, puis activiste de l'ultra-gauche, il a rejoint Fedora en Italie, participant à des braquages et des attentats pour le compte de la lutte armée. Il n'évite que de justesse de devenir un assassin. Bien que trahi par Fedora, il ne cessera jamais de l'aimer.
Cette magnifique fresque d'une génération rebelle restitue l'énergie incroyable d'une époque : ses aspirations utopiques, ses illusions généreuses et brouillonnes, son effervescence culturelle, son inventivité musicale, ses drogues, ses fanzines, ses amours libres.
C'était un atelier d'horlogerie, a-t-il souri. Remettre les pendules à l'heure, réparer la mécanique humaine : c'est un peu notre spécialité, non ?
Professeur d'histoire-géo, Mariette est au bout du rouleau. Rongée par son passé, la jeune Millie est prête à tout pour l'effacer. Quant au flamboyant Monsieur Mike, ex-militaire installé sous un porche, le voilà mis à terre par la violence de la rue.
Au moment où Mariette, Mike et Millie heurtent le mur de leur existence, un homme providentiel surgit et leur tend la main - Jean, qui accueille dans son atelier les âmes cassées.
Jean, dont on dit qu'il fait des miracles.
Antonin Dampierre, la trentaine soignée, est un garçon normal. Ou presque. Il travaille dans une agence immobilière de luxe jusqu'au jour où, ratant une vente à cause de deux ivrognes, il rosse l'un d'eux à mort.
Illumination ! Notre purificateur commence alors sa quête hallucinée dans le Paris des naufragés où il croise la route d'Isolde. Cette héroïne de l'humanitaire parviendra-t-elle à le sauver de lui-même ?
La Maison des Anges est un polar du bitume qui nous emporte avec effroi et jubilation dans le grand ventre de Paris.
Habituée à manier la fiction et à dominer le réel, une romancière part travailler en Italie sans imaginer que des accidents vont venir bouleverser le cours de son existence et l'obliger à s'interroger sur ses choix, ses renoncements, ses attentes.
Louise, 40 ans, part s'installer dans une villa en Toscane pour écrire son roman. Elle abandonne à Paris son mari, François, meurtri mais résigné. À Livourne, ville portuaire ou règne une chaleur écrasante, tout l'enchante : la qualité du silence, la mer partout présente, l'incessant ballet des ferries vers les îles. Et cette parfaite solitude que seule vient déranger la présence discrète et dévouée de Graziella, la gouvernante qui s'occupe de la maison. Louise n'a jamais connu un tel sentiment de plénitude. Elle écrit l'histoire d'une femme qui doit réapprendre à vivre après la disparition de son mari. Les mots viennent à elle tout naturellement.
Un jour, un jeune homme sonne à sa porte. C'est Luca, le fils de Graziella. Élève à l'Académie navale, il porte ses vingt et un ans avec une grâce insolente. Jamais Louise n'aurait pu envisager d'être troublée par un garçon de cet âge. Tenter de résister au charme de Luca serait pourtant aussi vain que de vouloir échapper à la moiteur de l'été. Au moment ou elle cède à la sensualité de ce corps qui l'attire, elle apprend qu'un accident de voiture a grièvement blessé son mari. Fiction, fantasme et réalité se télescopent, mais dans quel but ? Louise doit se rendre au chevet de François, plus vulnérable que jamais. Forte de cette ferveur inattendue qui lui a ouvert les yeux, elle sait que l'instant est venu d'affronter tous les mensonges accumulés avec les années, quelles qu'en soient les conséquences...
Il y a des paysages dont la simplicité peut éclipser tout ce qu'on avait contemplé jusque-là, des retranchements volontaires qui vous révèlent à vous-mêmes, des rencontres qui ne peuvent se produire que lorsqu'on a fait le vide autour de soi. Roman sur la solitude nécessaire de l'écrivain, une solitude ni oppressante ni douloureuse, mais émancipatrice, De là, on voit la mer est une ode à la liberté, celle qui implique de faire des choix, de sacrifier ce qui n'a plus de raison d'être, liberté sans concession, qui peut sembler brutale, égoïste et déterminée, mais qui permet seule de créer, d'aimer à sa guise, de tenir la barre de son existence sans se soucier des préjugés ni des vents contraires... Un magnifique portrait de femme, tranchante et résolue, larguant progressivement les amarres, s'affranchissant de tous ses liens pour voguer sereinement vers une destination connue d'elle seule.