« Un endroit où aller »
Avant le passage
amour qui me revient par vagues, m'inonde puis me déserte, me remplit à nouveau, je ne savais pas que c'était cela mourir, passer d'un instant à l'autre par toutes les mains de la vie, le très chaud et le très froid, la pluie d'été, la neige, les courants d'eau tiède de l'étang de Fédous, et sentir au-dedans ces gousses qui éclatent, toi qui me tiens la main, Mary, si je pouvais t'emporter dans mon voyage, te faire voir,
F. E.
Le narrateur, double de Pirotte, en proie aux métastases et à la chimiothérapie, se penche sur son passé.
Celui-ci le rejoint dans un présent où sa mort approche, où d'anciens sentiments de culpabilité le rattrapent. Le jeune homme qu'il fut, entouré de poésie alors qu'il fréquente des voyous et semble leur prêter la main, ne cesse de se reprocher chacune de ses aventures, qui l'ont mené à un mariage obscur, une naissance, et la perte de ce qu'il se croyait en mesure de sauver d'une existence erratique. L'enchevêtrement des événements, dont ses carnets retrouvés font foi, conduit le lecteur à se poser, comme souvent, la question du rachat par la littérature, telle que se la posent l'auteur et le narrateur. La vie est un brouillard.
La magie Pirotte est intacte dans ces pages vibrantes de vie où sourdent des musiques, de Schubert au blues de Billie Holiday. Un roman exceptionnel. À part. Au-dessus de la mêlée littéraire.
Tout avait commencé par ce numéro tatoué dont j'avais oublié la combinaison. Pour le retrouver, ou parce que, trop désabusée, je m'étais enfoncée dans le royaume des morts. Moins pour lui que pour moi, à dire vrai. Pour que je puisse m'en sortir. Remonter à la surface. Donner un sens. Parce que je savais aussi que Max en avait payé le prix, mais qu'il s'en était donné à coeur joie.
En apparence, Max avait laissé Auschwitz derrière lui. Une histoire ancienne qui avait fini par s'effacer comme, dans le souvenir de Nathalie Skowronek, le numéro tatoué sur le bras de son grand-père.
Max était à présent un homme d'affaires, qui, associé à Pavel, son vieil ami des camps, trafiquait par-dessus le mur de Berlin pour alimenter la nomenklatura d'Allemagne de l'Est en produits de luxe. Tout allait pour le mieux.
En apparence seulement.
Car Max, chaque matin, faisait le tour du zoo de Berlin, avec dans ses poches ses pilules, et un petit sac de diamants.
101, rue Condorcet, Clamart est l'adresse où vécut Marina Tsvetaeva, la grande poétesse russe, son mari Sergueï et leurs deux enfants, Alia et Mour, dans leur exil en France, après la révolution russe. Simon-Pierre Hamelin qui habita cet endroit un demi-siècle plus tard, découvrit par hasard que le lieu de son enfance avait abrité un des plus grands écrivains du XXe siècle. La fiction qu'il en tire, dans ce petit livre vibrant et tout en retenue, est poignante. Il y met en scène une descente d'huissier dans la famille Efron (nom du mari) et, par ce biais, nous décrit la misère, la panique, le rêve du retour en Russie, les grands cahiers bleus sur lesquels Marina écrit ses poèmes : « Éparpillés dans les librairies, gris de poussière, / Ni lus, ni cherchés, ni ouverts, ni vendus, / Mes poèmes seront dégustés comme les vins les plus rares / Quand ils seront vieux. »
« Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d'âge mûr, évaporés dans l'air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites ? »
Nous sommes en Afrique subsaharienne, quelque part à l'intérieur des terres, dans le clan Mulongo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l'écart. Quel malheur vient de s'abattre sur le village ? Où sont les garçons ? Au cours d'une quête initiatique et périlleuse, les émissaires du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les Bwele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux.
Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé en être cher. L'histoire de l'Afrique subsaharienne s'y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée de mysticisme, de croyances, et de « l'obligation d'inventer pour survivre ».
«J'ai écrit Fifoche pour me rapprocher de mon père et La possibilité du garçon pour me séparer de ma mère. La tentation serait grande de vouloir tout expliquer, nuancer, corriger ; de tenter, par le pouvoir de l'écriture, de retarder un tant soit peu encore la tristesse des adieux. Mais j'imagine déjà l'énervement de mon père, piaffant d'impatience à l'idée de rater le train pour l'au-delà, et j'entends presque les cris de ma mère, consternée à la perspective de devenir un fantôme, elle qui, de son vivant, a tant cherché à être un peu moins hantée par l'angoisse. Alors je m'abstiens et je mets un point final à ces textes que j'ai écrits pour pouvoir vivre une autre vie, une vie sans eux. Quoique...»
Deux textes composent ce récit. Le premier, Fifoche, est dédié au père du narrateur. Le second, La possibilité du garçon, est consacré à sa mère. Ce diptyque constitue l'hommage douloureux mais apaisé d'un fils unique à ses deux parents, dont l'amour débordant et merveilleux en est venu peu à peu à le fragiliser. D'un côté, un père âgé, fantasque et permissif ; de l'autre, une mère anxieuse, protectrice et fusionnelle.
Ce très beau témoignage, vibrant et émouvant, se partage entre confession, psychanalyse et poésie. Avec une grande justesse, Vincent Flamand a mis en mots la joie, la détresse et les paradoxes de tout amour filial.
Stefan Cuvelier naît en 1972 à Bruxelles. C'est au « Point-Virgule » - célèbre café-théâtre parisien - que Stefan fût remarqué en 1999. Grâce à cela, sa carrière fût lancée ! Ensuite, il enchaînât ses activités; one-man-shows Parigot-Bruxellois, Nouveau-Né, ou encore dans la pièce Le Clan des Divorcées.
Hugues Hausman naît en 1970 à Verviers. Il est comédien, scénariste, réalisateur et dessinateur (René Hausman comme papa et Didier Comès comme beau-père) « La vie est trop courte pour ne faire qu'une seule chose », comme il a l'habitude de dire...
Présentation de l'éditeur
Dans cette pièce de l'humoriste et comédien belge, c'est la femme, à la fois mystérieuse et maternelle, qui fait progresser l'action et surgir le comique des situations les plus banales créées par des hommes. L'irruption de Dolly Sinclair perturbe le quotidien de Serge et Eugène, modifiant la relation qui unit les deux amis.
Que se passe-t-il si une mère, fine et intelligente mais gravement perturbée, dévorée d'amour pour sa fille, ne trouve aucun frein à sa passion dans notre monde tout à la fois individualiste et collectiviste ? Ca commence comme du Nicole de Buron, et ça se termine comme du Stephen King !
Connue pour ses chroniques caustiques, Sophie Flamand, journaliste et critique est avant tout une fine cuisinière qui aurait pu (dû ?) être critique gastronomique. Mais son amour immodéré des langues française, latine et romanes l'ont conduite vers la faculté de Philo et Lettres dont elle triomphe brillamment.
Tour à tour cadre, attachée de presse, auteur pour enfants, scénariste de BD, Sophie Flamand se passionnera pour la promotion de la langue française sous toutes ses formes. Expositions, festivals, spectacles,... Rien n'échappe à sa fougue et à son dynamisme !
Mais si vous demandez à ce Scorpion-Dragon, qui porte sans cesse un regard persifleur sur les diverses aberrations de notre époque, quelles sont ses passions, elle vous répondra ingénument : « Ben... Mon mari chéri et mes 3 filles adorées ! »
EPUISE !
Il s’agit des premières épreuves de Du côté de chez Swann (1913), qui présentent un intérêt capital car les additions manuscrites, que nous donnons en fac-similé et en transcription, doublent le volume du texte initial, ce qui permet d’assister au travail de la création. Le volume reproduit les «paperoles» collées à la main, elles-mêmes couvertes de modifications manuscrites, on a ainsi des dépliants qui peuvent atteindre une vingtaine de centimètres. Le lecteur se trouvera face à un objet tout à fait inédit, à la fois imprimé et manuscrit, avec des dimensions insolites. C’est la première fois que ces épreuves sont publiées, à l’identique (avec toutes les additions manuscrites) et qu’une transcription en est donnée.
Tiré à 1 200 exemplaires, tous numérotés, le volume ne sera pas réimprimé. Publié en partenariat avec la Fondation Martin Bodmer, il s’adresse aux admirateurs de Proust, qui sont légion dans le monde entier, mais aussi aux lecteurs curieux de découvrir la création en devenir, aux collectionneurs, de même qu’aux érudits spécialistes de l’étude des manuscrits et aux institutions.
Si, quand apparaissent les premières illuminations
municipales, vous commencez déjà à broyer du noir,
Si Noël n'a pour vous de religieux
que le long chemin de croix parsemé de stations multiples et
douloureuses qu'il représente,
Si vous ignoriez que la naissance du Parti communiste français
et le baptême du roi Clovis ont eu lieu un 25 décembre,
et que ce n'est pas tout à fait un hasard,
Alors, voici sans doute l'ouvrage qu'il vous faut
pour traverser la période sans trop de dommages.
Parce que, comme l'auteur on peut être un peu allergique
et, dans le fond, assez attaché aux fêtes de Noël.